Publié par Jagad

Le Srīmad Bhāgavatam  
    

par Sa Divine Grâce

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Septième Chant 
"La science de Dieu"  

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 Cinquième Chapitre:
 "Prahlāda Mahārāja, le saint 
fils d'Hiraṇyakaśipu "
  

Verset 32
Seul celui qui prend refuge d'un
maitre spirituel peut comprendre Kṛṣṇa
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naiṣāḿ matis tāvad urukramāńghriḿ
spṛśaty anarthāpagamo yad-arthaḥ
mahīyasāḿ pāda-rajo-'bhiṣekaḿ
niṣkiñcanānāḿ na vṛṇīta yāvat

 

na — ne pas; eṣām — de ces; matiḥ — la conscience; tāvat — aussi longtemps; urukrama-ańghrim — les pieds pareils-au-lotus de Dieu, la Personne Suprême célèbre pour Ses exploits hors du commun; spṛśati — touche; anartha — de choses indésirables; apagamaḥ — la disparition; yat — de quoi; arthaḥ — le but; mahīyasām — des grandes âmes (les mahātmās ou bhaktas); pāda-rajaḥ — par la poussière des pieds pareils-au-lotus; abhiṣekam — consécration; niṣkiñcanānām — de bhaktas qui n'ont aucun lien avec l'unvers matériel; na — ne pas; vṛṇīta — peuvent accepter; yāvat — tant que.

 

TRADUCTION
 

A moins de répandre sur leur corps la poussière des pieds pareils-au-lotus d'un vaisnava totalement délivré de la souillure matérielle, les hommes fortement attirés par le matérialisme ne peuvent s'attacher aux pieds pareils-au-lotus du Seigneur, qu'on glorifie pour Ses exploits hors du commun. Ce n'est qu'en devenant conscient de Krishna et en trouvant ainsi refuge aux pieds pareils-au-lotus du Seigneur qu'on peut s'affranchir de la contamination matérielle.

TENEUR ET PORTÉE
 

Devenir conscient de Kṛṣṇa entraîne anartha-apagamaḥ — la disparition de tous les anarthas, ces conditions misérables que nous avons inutilement acceptées. Le corps matériel est au fondement même de ces maux qui nous sont imposés. Toute la civilisation védique est destinée à affranchir l'être de ces souffrances superflues, mais les personnes enchaînées par les lois de la nature ne connaissent pas le but de l'existence. Comme le dit le verset précédent: īśa-tantryām uru-dāmni baddhāḥ — elles sont conditionnées par les trois puissants modes d'influence de la nature matérielle. L'éducation qui maintient l'âme conditionnée prisonnière vie après vie est une éducation matérialiste. Śrīla Bhaktivinoda Ṭhākura a expliqué que cette éducation matérialiste augmente l'influence de māyā. Ce genre d'éducation amène l'âme conditionnée à s'attacher de plus en plus à l'existence matérielle et à s'éloigner toujours davantage de la libération, où disparaissent les souffrances indésirables de ce monde.

On peut se demander pourquoi les personnes bénéficiant d'une instruction poussée n'adoptent pas la conscience de Kṛṣṇa. Le présent verset nous en donne la raison: à moins de chercher refuge auprès d'un maître spirituel authentique et pleinement conscient de Kṛṣṇa, personne n'a la moindre chance de comprendre qui est Kṛṣṇa. Les éducateurs, les érudits et les grands dirigeants politiques vénérés par des millions de gens ne peuvent saisir le but de l'existence et opter pour la conscience de Kṛṣṇa, car ils n'ont accepté ni un maître spirituel authentique, ni les Vedas. C'est pourquoi la Muṇḍaka Upaniṣad (3.2.3) enseigne: nāyam ātmā pravacanena labhyo na medhayā na bahunā śrutena — aucun homme ne peut réaliser son identité spirituelle par le simple fait d'avoir une instruction générale, de faire de savantes dissertations (pravacanena labhyaḥ), ou d'être un homme de science intelligent faisant de nombreuses et étonnantes découvertes. Nul ne peut comprendre Kṛṣṇa s'il ne reçoit pas la grâce du Seigneur Suprême. Seule la personne qui s'est abandonnée à un pur dévot de Kṛṣṇa et a accepté sur elle-même la poussière de ses pieds pareils-au-lotus peut connaître Kṛṣṇa tel qu'Il est. On doit d'abord comprendre comment échapper à l'emprise de māyā, et le seul moyen pour cela est de devenir conscient de Kṛṣṇa. Or, pour le devenir très facilement, il faut s'en remettre à une âme réalisée — un mahat, ou mahātmā — qui ne s'intéresse qu'à servir le Seigneur Suprême. Comme l'enseigne le Seigneur dans la Bhagavad-gītā (9.13):

mahātmānas tu māḿ pārtha
daivīḿ prakṛtiḿ āśritāḥ
bhajanty ananya-manaso
jñātvā bhūtādim avyayam

 

"Ceux qui ignorent l'égarement, ô fils de Pṛthā, les mahātmās, sont sous la protection de la nature divine. Me sachant Dieu, la Personne Suprême, originelle et intarissable, ils s'absorbent dans le service de dévotion." En conséquence, pour mettre fin aux souffrances indésirables de l'existence, il faut devenir un bhakta.

yasyāsti bhaktir bhagavaty akiñcanā
sarvair guṇais tatra samāsate surāḥ
 

"Chez celui qui, plein de dévotion, possède une foi indéfectible en Kṛṣṇa se manifestent automatiquement toutes les qualités de Kṛṣṇa et des devas." (S.B.,5.18.12)

yasya deva parā bhaktir
yathā deve tathā gurau
tasyaite kathitā hy arthāḥ
prakāśante mahātmanaḥ
 

"Ce n'est qu'aux grandes âmes douées d'une foi sans réserve en Dieu et en le maître spirituel que le sens et la portée du savoir védique se révèlent automatiquement et dans toute leur plénitude." (Śvetāśvatara Upaniṣad,6.23)

yam evaiṣa vṛṇute tena labhyas
tasyaiṣa ātmā vivṛṇute tanūḿ svām
 

"Le Seigneur n'est accessible qu'à celui à qui Il choisit Lui-même de Se livrer. A celui-là, Il montre Sa Forme personnelle." (Muṇḍaka Upaniṣad 3.2.3)

Tels sont les préceptes védiques. On doit chercher refuge auprès d'un maître spirituel réalisé, et non pas d'un simple érudit ou d'un politicien, quel que soit leur niveau d'instruction matérielle. Il faut chercher refuge auprès d'un niṣkiñcana, d'un être absorbé dans la pratique du service de dévotion et exempt de toute souillure matérielle. Telle est la voie qui permet de retourner à Dieu, en sa demeure originelle.

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