Le Srīmad Bhāgavatam
par Sa Divine Grâce
Sixième Chant
"Les devoirs assignés
à l'humanité"
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Troisième Chapitre:
"Yamaraja instruit ses
messagers"
Verset 20
Les douzes mahajanas
[représentants de la religion]
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svayambhūr nāradaḥ śambhuḥ
kumāraḥ kapilo manuḥ
prahlādo janako bhīṣmo
balir vaiyāsakir vayam
svayambhūḥ — Le seigneur Brahmā; nāradaḥ — le grand saint Nārada; śambhuḥ — le seigneur Śiva; kumāraḥ — les quatre Kumāras; kapilaḥ —le Seigneur Kapila; manuḥ — Svāyambhuva Manu; prahlādaḥ — Prahlāda Mahārāja; janakaḥ — Janaka Mahārāja; bhīṣmaḥ — Bhīṣma; baliḥ — Bali Mahārāja; vaiyāsakiḥ — Śukadeva, le fils de Vyāsadeva; vayam — nous.
Brahmâ, Bhagavân Nârada, Siva, les quatre Kumâras, Kapila [le fils de Devahûti], Svâyambhuva Manu, Prahlâda Mahârâja, Janaka Mahârâja, Bhisma l'aïeul, Bali Mahârâja,
Sukadeva Gosvâmî et moi-même connaissons le véritable principe de la religion.
TENEUR ET PORTEE
Dans la Bhagavad-gita, Sri Krsna définit le bhâgavata-dharma comme le plus secret de tous les principes religieux (sarva-guhyatamam, guhyâd guhyataram). Il dit à
Arjuna: "Je t'enseigne la religion la plus secrète, ceci parce que tu es Mon ami très cher." Sarva dharman parityajya mam ekam saranam vraja —"Laisse là toute autre forme de religion,
et abandonne-toi simplement à Moi." (BG 18.66) On
pourrait se demander à quoi sert ce principe s'il est aussi rarement compris. En guise de réponse, Yamarâja stipule ici qu'il est compréhensible pour quiconque suit la paramparâ de Brahmâ, Siva, des quatre Kumâras ou des autres autorités reconnues en la matière (voir les douze mahâjanas). Il existe quatre lignées de
maîtres spirituels, une qui procède de Brahmâ, une autre de Siva, une de Laksmî, la déesse de la fortune, et la dernière des Kumâras. La filiation spirituelle de Brahmâ s'appelle la
Brahma-sampradâya, celle de Siva
(Sambhu) la Rudra-sampradaya, celle de la déesse de la fortune (Laksmiji) la Sri-sampradâya, et celle des Kumaras la Kumara-sampradâya. Il faut s'en remettre à l'une ou l'autre de ces quatre
sampradâyas si l'on désire connaître la plus secrète et la plus profonde de toutes les religions. Le Padma Purana ajoute: sampradaya-vihina ye mantras te nisphala matah —si
quelqu'un ne s'affilie pas à l'une des quatre filiations spirituelles reconnues, son mantra ou son initiation n'a aucune valeur. De nos jours, il existe de nombreuses apasampradâyas, c'est-à-dire des
sampradâyas inauthentiques n'ayant aucun lien avec des maîtres comme Brahmâ, Siva, les Kumâras ou Laksmî. Ces sampradâyas fourvoient le public. Les
sastras stipulent qu'il ne sert strictement à rien d'être initié au sein d'une
sampradâya de ce genre car une telle démarche ne saurait permettre à qui que ce soit de
comprendre les véritables principes de la religion.