Publié par Jagad

Le Srīmad Bhāgavatam

    

 par Sa Divine Grâce
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Troisième Chant 
"Le statu quo"

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Cinquième Chapitre: 
 "Propos échangés entre
Maitreya et Vidura" 

Verset 13
La Kṛṣṇa-kathā favorise le

détachement et dissipe la souffrance 

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sā śraddadhānasya vivardhamānā
viraktim anyatra karoti puḿsaḥ
hareḥ padānusmṛti-nirvṛtasya
samasta-duḥkhāpyayam āśu dhatte

 

— ces (propos concernant Kṛṣṇa, ou la kṛṣṇa-kathā; śraddadhānasya — de celui qui désire ardemment entendre; vivardhamānā — augmentant graduellement; viraktim — indifférence; anyatra — dans autre chose; karoti — fait; puḿsaḥ — de celui qui est ainsi absorbé; hareḥ — du Seigneur; pada-anusmṛti — le souvenir constant des pieds pareils-au-lotus; nirvṛtasya — qui a obtenu la félicité spirituelle; samasta-duḥkha — toutes les souffrances; apyayam — détruites; āśu — sans délai; dhatte — exécute.

 

TRADUCTION

Celui qui désire ardemment s'absorber dans l'écoute constante de la kṛṣṇa-kathā voit peu à peu croître son indifférence pour toute autre chose. Ce souvenir constant des pieds pareils-au-lotus de Śrī Kṛṣṇa anéantit sans délai toutes les souffrances du bhakta qui a ainsi trouvé la félicité spirituelle.

TENEUR ET PORTÉE

 

Il faut bien savoir que, sur le plan absolu, la  kṛṣṇa-kathā et Kṛṣṇa Lui-même ne font qu'Un. Comme le Seigneur est la Vérité Absolue, Son Nom, Sa Forme, Ses Attributs..., qui relèvent tous de la kṛṣṇa-kathā, ne diffèrent en rien de Lui. Ainsi, la Bhagavad-gītā, énoncée par le Seigneur, n'est pas différente de Sa Personne. Lorsqu'un bhakta sincère lit la Bhagavad-gītā, c'est comme s'il voyait le Seigneur face à face, présent devant lui; mais cette vérité ne s'applique certes pas aux théoriciens profanes. Lorsqu'on lit la Bhagavad-gītā, toutes les puissances du Seigneur se manifestent, à condition que l'on suive les prescriptions qu'Il nous donne Lui-même dans cette Écriture. Il est impossible d'inventer une sotte interprétation de la Bhagavad-gītā et d'obtenir quand même un bénéfice spirituel. Quiconque cherche à extraire quelque signification artificielle ou interprétation de la Bhagavad-gītā pour appuyer ses intérêts personnels ne peut être qualifié de śraddadhāna-puḿsaḥ (celui qui s'absorbe avidement dans l'écoute authentique de la kṛṣṇa-kathā). Un tel individu ne retirera aucun bénéfice de la lecture de la Bhagavad-gītā, fût-il le plus grand érudit aux yeux des hommes du commun. Au contraire le śraddadhāna, ou le fidèle bhakta, peut la lire avec profit puisque par la toute-puissance du Seigneur il obtient la félicité spirituelle, laquelle a pour effet de détruire l'attachement et de neutraliser toutes les souffrances matérielles qui s'y rattachent. Seul le bhakta, de par son expérience vécue, est à même de saisir la teneur de ce verset énoncé par Vidura. Le pur dévot du Seigneur jouit de la vie en se rappelant sans cesse les pieds pareils-au-lotus de Kṛṣṇa à travers l'écoute de la kṛṣṇa-kathā. Pour un pur bhakta, on ne saurait parler d'existence matérielle; et pour celui qui nage ainsi dans les eaux profondes de l'océan de la félicité spirituelle, le bonheur si convoité du brahmānanda fait piètre figure.

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