Le Śrī Chaitanya Caritāmṛta

     par Sa Divine Grâce 
A.C Bhaktivedanta Swami Prabhupada
undefined

 

   Adi-līlā  
 ___________________
Chapitre 7
    "Les cinq aspects de
Śrī Caitanya"

  Verset 128
     L'
oḿkāra est la représentation

sonore de Dieu

      _________________________

 

'praṇava' se mahāvākya — vedera nidāna

īśvara-svarūpa praṇava sarva-viśva-dhāma

 

 

praṇava l'oḿkāra; se — cette; mahā-vākya — vibration sonore transcendantale; vedera — des Vedas; nidāna — principe fondamental; īśvara-svarūpa — représentation directe de Dieu, la Personne Suprême; praṇava — oḿkāra; sarva-viśva — de tous les univers; dhāma — est la demeure.

 

 

TRADUCTION

 

 

 

"L'oḿkāra, le mot fondamental des Vedas, est à l'orgine de toutes les vibrations sonores védiques. Il faut donc l'accepter comme la représentation sonore de Dieu, la Personne Suprême, et la source de la manifestaton cosmique.

 

  TENEUR ET PORTÉE

 

 

Le verset suivant de la Bhagavad-gītā (8.13), définit l'oḿkāra, ou praṇava, comme une représentation directe de Dieu, la Personne Suprême:

 

 

 

oḿ ity ekākṣaraḿ brahma

vyāharan mām anusmaran

yaḥ prayāti tyajan dehaḿ

sa yāti paramāḿ gatim

 

 

 

Par suite, celui qui, au moment de la mort, se rapelle simplement l'oḿkāra, se souvient du Seigneur Souverain et il est donc aussitôt transporté dans le monde spirituel. L'oḿkāra est le principe fondamental de tous les mantras védiques, puisqu'il représente Śrī Kṛṣṇa et que, comme le déclare la Bhagavad-gītā (vedaiś ca sarvair aham eva vedyaḥ), le but des Vedas et de faire connaître Kṛṣṇa. Les philosophes  māyāvādīs ne peuvent saisir ces simples vérités expliquées dans les pages de la Bhagavad-gītā, mais ils se targuent néanmoins d'être des vedāntīs. Aussi disons-nous parfois des philosophes vedāntīs qu'ils sont édentés (danta signifie "dents", et ve "sans"). Les assertions de la philosophie de Śańkara, qui représentent les dents des māyāvādīs, sont toujours brisées par les solides arguments des philosophes Vaiṣṇavas, tels que les grands ācāryas, et plus particulièrement Rāmānujācārya.  Śrīpāda Rāmānujācārya et Madhvācārya brisent les dents des philosophes māyāvādīs, qu'on peut ainsi appeler vedāntīs dans le sens de "édentés".

 

La vibration transcendantale de l'oḿkāra se trouve expliquée dans la Bhagavad-gītā (8.13):

 

 

oḿ ity ekākṣaraḿ brahma vyāharan mām anusmaran

yaḥ prayāti tyajan dehaḿ sa yāti paramāḿ gatim

 

"Ainsi établi dans cette pratique du yoga et prononçant la sylabe sacrée om, suprême alliance de lettres, celui qui, à l'instant de quitter son corps, pense à Moi, Dieu, la Personne Suprême, sans aucun doute atteindra les planètes spirituelles." Si l'on comprend en vérité que l'oḿkāra est la représentation sonore de Dieu, la Personne Suprême, qu'on chante l'oḿkāra ou le mantra Hare Kṛṣṇa, le résultat est assurément le même.

 

Toujours dans la Bhagavad-gītā, le dix-septième verset du neuvième chapitre donne une explication supplémentaire:

 

pitāham asya jagato

mātā dhātā pitāmahaḥ

vedyaḿ pavitram oḿkāra

ṛk sāma yajur eva ca

 

"De cet univers, Je suis le père, la mère, le soutien et l'aïeul. Je suis l'objet du savoir, le purificateur et la syllabe om. Je suis également le Ṛg, le Sāma et le Yajur Veda."

Et encore, au vingt-troisième verset du dix-septième chapitre de la Bhagavad-gītā:

 

oḿ tat sad iti nirdeśo

brahmaṇas tri-vidhaḥ smṛtaḥ

brāhmaṇās tena vedāś ca

yajñāś ca vihitāḥ purā

 

 

"Oḿ tat sat : depuis les origines de la création, ces trois mots ont servi à désigner la Vérité Suprême et Absolue [Brahman]. Les brāhmaṇas les prononçaient lors du chant des hymnes védiques et de l'accomplissement des sacrifices pour la satisfaction du Suprême."

 

Dans tous les Écrits védiques, les gloires de l'oḿkāra sont particulièrement mentionnées. Śrīla Jīva Gosvāmī, dans sa thèse dénommée Bhagavat-sandarbha, déclare que dans les Écrits védiques l'oḿkāra est considéré comme la vibration sonore du saint nom de Dieu, la Personne Suprême. Seule cette vibration d'un son transcendantal peyt délivrer l'âme conditiionnée de l'emprise de yā; aussi l'apppelle-t-on parfois le libérateur (tāra). Le Śrīmad-Bhāgavatam commence avec l'oḿkāra: oḿ namo bhagavate vāsudevāya. Par suite, Śrīdhara Svāmī, l'illustre commentateur, a dit que l'oḿkāra est la semence de la libération (tārāńkura) pour l'être prisonnier du monde matériel. Puisque l'Etre Divin Suprême est absolu, Son saint nom et la vibration sonore qui le désigne, l'oḿkāra, ont même valeur que Lui. Caitanya Mahāprabhu enseigne que le saint nom, ou oḿkāra, la représentation transcendantale de Dieu, la Personne Suprême, possède tous les pouvoirs de la Personne Divine.

 

nāmnām akāri bahudhā nija-sarva-śaktis

tatrārpitā niyamitaḥ smaraṇe na kālaḥ

 

 

Toutes les puissances sont investies dans la sainte vibration du saint nom du Seigneur. Il n'est pa douteux que le saint nom du Seigneur, ou oḿkāra, est Dieu, Lui-même, la Personne Suprême. En d'autres termes, quiconque chante l'oḿkāra et le saint nom, Hare Kṛṣṇa,  rencontre aussitôt le Seigneur Suprême en personne sous Sa forme sonore. Le Nārada-pañcarātra précise que Nārāyaṇa, Dieu, la Personne Suprême, apparaît personnellement devant celui qui chante l'aṣṭākṣara, ou le mantra composé de huit syllabes: oḿ namo nārāyaṇāya. La Māṇḍūkya Upaniṣad déclare de même que tout ce qu"il nous est donné de voir dans le monde spirituel est une manifestation de la puissance spirituelle de l'oḿkāra.

 

Śrīla Jīva Gosvāmī affirme, en s'appuyant sur toutes les Upaniṣads, que l'oḿkāra est la Vérité Suprême et Absolue, acceptée comme telle par tous les ācāryas et et toutes les autorités. L'oḿkāra est sans commencement, immuable, suprême et au-delà de toute altération ou souillure externe. De toutes choses l'oḿkāra représente l'origine, le milieu et la fin, et tout être vivant qui le conçoit comme tel atteint la perfection de l'identité spirituelle dans l'oḿkāra. Du fait qu'il se trouve dans le coeur de chacun, l'oḿkāra est l'īśvara, Dieu, la Personne Suprême, comme le confirme la Bhagavad-gītā (18.61): īśvaraḥ sarva-bhūtānāḿ hṛd-deśe 'rjuna tiṣṭhati. L'oḿkāra jouit des mêmes vertus que Viṣṇu puisqu'il est comme Lui doué d'omniprésence. Celui qui sait que l'oḿkāra et Śrī Viṣṇu sont identiques n'a plus à s'affliger ni à aspirer à quoi que ce soit. La personne qui chante l'oḿkāra n'est plus un śūdra, mais s'élève immédiatement au niveau de brāhmaṇa. Le seul chant de l'oḿkāra permet de comprendre que l'entière création est une unité, ou une manifestation de l'énergie du Seigneur Suprême: idaḿ hi viśvaḿ bhagavān ivetaro yato jagat-sthāna-nirodha-sambhavāḥ. —"Le Seigneur Suprême, Dieu, bien qu'Il soit Lui-même cet univers, en est indépendant. De Lui seul provient cette manifestation cosmique, elle repose en Lui, et en Lui elle se résorbe après son anéantissement." Bien que celui qui n'y entend rien aboutisse à une conclusion diffèrente, le Śrīmad-Bhāgavatam déclare que l'entière manifestation cosmique n'est qu'une expansion de l'énergie du Seigneur Souverain. Le seul fait de chanter l'oḿkāra, le saint nom du Seigneur, permet de réaliser cette vérité.

Il faut toutefois se garder de conclure stupidement que puisque Dieu, la Personne Suprême, est tout-puissant, nous avons composé une alliance de lettres —a, u et m— pour Le représenter. En fait, le son transcendantal oḿkāra, bien qu'il ne soit que la combinaison des trois lettres a, u et m, est revêtu de puissance spirituelle, de telle sorte que la personne qui le chante se rendra bientôt compte qu'il n'existe aucune différence entre l'oḿkāra et  Śrī Viṣṇu. Kṛṣṇa déclare en effet:  praṇavaḥ sarva-vedeṣu: — "Je suis la syllabe oḿ de tous les mantras védiques". (B.g., 7.8) Il faut donc en conclure que, parmi les nombreuses manifestations du Seigneur Suprême, l'oḿkāra est la manifestation sonore. Tous les vedas admettent cette thèse. Il faut toujours se rappler que le saint nom du Seigneur et le Seigneur Lui-même demeurent à jamais identiques  (abhinnatvān nāma-nāminoḥ). Puisque l'oḿkāra représente le principe fondamental de toute la connaissance védique, on le prononce avant de chanter tout hymne védique. Sans l'oḿkāra, nul mantra des Vedas ne peut produire l'effet désiré. Les Gosvāmīs déclarent donc que le praṇava, ou l'oḿkāra, est la représentation complète de Dieu, la Personne Suprême, et ils l'ont analysé comme suit en fonction de ses composants alphabétiques:

 

a-kāreṇocyate kṛṣṇaḥ

sarva-lokaika-nāyakaḥ

u-kāreṇocyate rādhā

ma-kāro jīva-vācakaḥ

 

 

 

L'oḿkāra est la combinaison des lettres a, u et m. La lettre a (a-kāra) désigne Kṛṣṇa, le maître de tous les êtres vivants et de tous les astres matériels et spirituels (sarva-lokaika-nāyakaḥ). Nāyaka signifie "dirigeant". Il est à la tête de tous (nityo nityānāḿ cetanaś cetanānām). La Lettre u (u-kāra) indique Śrīmatī Rādhārāṇī, l'énergie de félicité de Kṛṣṇa, et la lettre m (ma-kāra) désigne les êtres vivants, ou jīvas. Ainsi, oḿ représente l'alliance complète de Kṛṣṇa, Sa puissance et Ses serviteurs éternels. En d'autres termes, l'oḿkāra représente Kṛṣṇa, Son nom, Sa renommée, Ses divertissements, Son entourage, Ses émanations, Ses dévots, Ses puissances et tout ce qui Lui est lié. L'oḿkāra est la demeure de tout ce qui est (sarva-viśva-dhāma), comme l'est aussi Kṛṣṇa (brahmaṇo hi pratiṣṭhāham).

 

Les philosophes māyāvādīs considèrent de nombreux mantras védiques comme le mantra principal, ou mahā-vākya, tel que tattvamasi (Chāndogya Upaniṣad 6.8.7), idaḿ sarvaḿ yad ayam ātmā et brahmedaḿ sarvam (Bṛhad-āraṇyaka Upaniṣad 2.5.1), ātmaivedaḿ sarvam (Chāndogya Upaniṣad 7.25.2) et neha nānāsti kiñcana (Kaṭha Upaniṣad, 2.1.11). C'est là une grave erreur. Seul l'oḿkāra est le mahā-vākya. Tous ces autres mantras que les māyāvādīs considérent comme le mahā-vākya, ou mahā-mantra. Le mantra tat tvam asi n'indique qu'un entendement partiel des Vedas, à la différence de l'oḿkāra qui en représente la compréhension entière. Aussi le son transcendantal qui inclut toute la connaissance védique est-il l'oḿkāra, ou praṇava.

Mis à part l'oḿkāra, aucun des mots que prononcent les partisans de Śańkarācārya ne peut être considéré comme le mahā-vākya. Ce ne sont que des remarques occasionnelles. Śańkarācārya, toutefois, n'a jamais insisté pourqu'on chante le mahā-vākya oḿkāra; il n'a accepté que le mantra tattvamaasi en tant que mahā-vākya. Assimilant dans son imagination l'être vivant à Dieu, il a dénaturé tous les mantras du Vedānta-sūtra dans le dessein de prouver que ni les êtres vivants, ni la Vérité Suprême et Absolue, n'ont d'existence distincte. Cettre démarche resssemble à celle du politicien qui s'efforce de prôner la non-violence en s'appuyant sur des passages de la Bhagavad-gītā. Kṛṣṇa fait preuve de violence envers les asuras, et tenter d'établir le contraire revient en fin de compte à nier l'existence de Kṛṣṇa. Ces interprétations de la Bhagavad-gītā sont absurdes, et il en est de même de l'explication que donne Śańkarācārya du Vedānta-sūtra; aucun homme sensé et raisonnable ne saurait l''accepter. A l'heure actuelle, toutefois, le Vedānta-sūtra est dénaturé non seulement par les prétendus vedāntī, mais aussi par d'autres individus dépourvus de scrupules et tombés si bas qu'ils encouragent même les sannyāsīs à manger de la viande, du poisson et des oeufs. De cette façon, les soi-disant partisans de Śańkara, les māyāvādīs impersonnallllistes, sombrent de plus en plus bas. Comment ces hommes déchues sauraient-ils expliquer le Vedānta-sūtra, qui forme l'essence de toutes les Écritures védiques ?

 

Śrī Caitanya Mahāprabhu a déclaré : māyāvādi-bhāṣya śunile haya sarva-nāśa —quiconque écoute le commentaire de l'école māyāvāda sur le Vedānta-sūtra est irrémédiablement condamné. (C.c., Madhya 6.169) Comme l'explique la Bhagavad-gītā (15.15) : vedaiś ca sarvair aham eva vedyaḥ —toutes les Écritures védiques ont pour but de faire comprendre Kṛṣṇa. La philosophie māyāvāda, toutefois, a détourné tous les gens de Kṛṣṇa. Il est donc vraiment nécessaire que, dans le monde entier, le mouvement pour la conscience de Kṛṣṇa vienne sauver la société de la décadence. Tout homme intelligent et sensé doit abandonner l'explication philosophique des māyāvādīs et accepter celle des ācāryas vaiṣṇavas. Chacun devrait lire La Bhagavad-gītā telle qu'elle est afin d'essayer de comprendre le dessein réel des Vedas.

Publié dans : le Chant et l'écoute
Retour à l'accueil

RETOUR ACCEUIL

light définif.PNG 16

Guide prononciation sanskrit

Guide de prononciation du sanskrit

 

Les voyelles se prononcent comme suit:
a (court) : comme le o de robe.
ā (long) : comme dans pâtre.
e : comme dans clé.
i (court) : comme dans pic.
ī (long) : comme dans cri.
o : comme dans pot.
u (court) : comme dans le ou de boule.
ū (long) : comme dans loup
ai : comme dans ail.
au par la combinaison d'un a court immédiatement suivi du son ou.
ṛ  (court) : entre le ri de riz et le re de rebelle (r roulé).
(long) : entre le ri de riz et le re de rebelle (r roulé).
: entre lri et lre.

               suite....

 

 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés