Le Srīmad Bhāgavatam  


par Sa Divine Grâce
A.C Bhaktivedanta Swami Prabhupada
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  Septième Chant 
"La science de Dieu"   

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 Sixième Chapitre:
  "Prahlāda instruit ses camarades
de classe démoniaques" 
Verset 10
L'argent est si cher
au coeur de l'hommme
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ko nv artha-tṛṣṇāḿ visṛjet
prāṇebhyo 'pi ya īpsitaḥ
yaḿ krīṇāty asubhiḥ preṣṭhais
taskaraḥ sevako vaṇik

 

kaḥ — qui; nu — en vérité; artha-tṛṣṇām — un intense désir d'acquérir de l'argent; visṛjet — peut abandonner; prāṇebhyaḥ — que la vie; api — en vérité; yaḥ — qui; īpsitaḥ — plus désiré; yam — qui; krīṇāti — s'efforce d'obtenir; asubhiḥ — avec sa propre vie; preṣṭhaiḥ — très chère; taskaraḥ — un voleur; sevakaḥ — un serviteur de métier; vaṇik — un marchand.

 

TRADUCTION

L'argent est si cher au coeur de l'homme, qu'il le considère comme plus doux que le miel. Dès lors, qui pourrait renoncer au désir d'accumuler des richesses, surtout dans le cadre de la vie de famille? Les voleurs, les mercenaires et les marchands tentent d'ailleurs d'en obtenir au risque même de leur vie, qui leur est pourtant si chère.

TENEUR ET PORTEE

Il ressort de ce verset que l'argent peut être plus cher à un homme que sa propre vie. Un voleur, par exemple, s'introduira chez un homme riche pour voler de l'argent au risque de sa vie. En effet, en violant la propriété d'autrui, il peut se faire tuer par un homme armé, ou être attaqué par des chiens de garde, mais cela ne l'empêche pas de tenter un cambriolage. Pourquoi risque-t-il ainsi sa vie? Uniquement pour obtenir de l'argent. De même, un mercenaire s'engage dans l'armée, et il y joue son rôle au risque de mourir sur le champ de bataille, toujours par amour de l'argent. Il y a aussi les hommes à l'esprit mercantile qui franchissent les océans pour se rendre d'un pays à un autre, risquant ainsi chaque fois leur vie; d'autres plongent même dans les mers pour y recueillir des perles et des pierres précieuses. La preuve en est donc faite -et tout le monde l'admettra: l'argent est plus doux que le miel. On est prêt à tout risquer pour en obtenir, et cela est d'autant plus vrai pour les hommes riches qui sont exagérément attachés à la vie de famille. Autrefois naturellement, les membres des groupes supérieurs de la société -les brāhmaṇas, les kṣatriyas et les   vaiśyas (tous sauf les śūdras) étaient instruits au guru-kula, où ils apprenaient le renoncement et la maîtrise des sens en pratiquant le brahmacarya et l'aṣṭāńga-yoga. C'est seulement après qu'ils pouvaient opter pour la vie de famille. Il y eut ainsi de nombreux exemples de grands rois et d'empereurs qui renoncèrent à la vie de famille. Malgré leur extrême opulence et la souveraineté dont ils jouissaient sur leur royaume, ils purent renoncer à toutes leurs possessions parce qu'ils avaient reçu une formation de brahmacārī au cours de leur jeunesse. La recommandation de Prahlāda Mahārāja s'avère donc tout à fait appropriée:

kaumāra ācaret prājño
dharmān bhāgavatān iha
durlabhaḿ mānuṣaḿ janma
tad apy adhruvam arthadam

 

"L'homme qui possède suffisamment d'intelligence doit utiliser son corps dès le début de sa vie autrement dit, dès sa plus tendre enfance— pour se livrer aux pratiques du service de dévotion et renoncer à toute autre forme d'occupation. Il est très rare d'obtenir un corps humain et bien que celui-ci soit éphémère comme tous les autres corps, il revêt une importance particulière parce qu'il permet de pratiquer le service de dévotion. Or, même un soupçon de service de dévotion sincère peut conférer la perfection totale." (S.B.,7.6.1) La société humaine devrait tirer parti de cette instruction.

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