Publié par BBT

Le Śrī Chaitanya Caritāmṛta

     

par Sa Divine Grâce 
A.C Bhaktivedanta Swami Prabhupada
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   Adi-līlā  
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Chapitre 9
    "L'arbre du service dévotionnel"
  Verset 42
   Il est du devoir de chacun
     d'oeuvrer pour le bien d'autrui
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etāvaj janma-sāphalyaḿ
dehinām iha dehiṣu
prāṇair arthair dhiyā vācā
śreya-ācaraṇaḿ sadā

 

etāvat — jusque là; janma — de naissance; sāphalyam — perfection; dehinām — de tout être vivant; iha — en ce monde; dehiṣu — envers ceux qui sont incarnés; prāṇaiḥ — par la vie; arthaiḥ — par la richesse; dhiyā — par l'intellligence; vācā — par les paroles; śreyaḥ — un bénéfice éternel; ācaraṇam — agissant de façon pratique; sadā — toujours.



TRADUCTION
 
 "Il est du devoir de tout être vivant d'oeuvrer pour le bien d'autrui en y employant sa vie, sa fortune, son intelligence et ses paroles."

 

TENEUR ET PORTEE

 
Ce verset provient du Srimad-Bhagavatam (10.22.35).

Il existe fondamentalement deux sortes d'activités - śreyas, les activités qui sont bénéfiques à longue échéance, et preyas, les activités qui apportent un bénéfice immédiat. Les enfants, par exemple, aiment beaucoup jouer. Ils ne veulent pas aller s'instuire à l'école et ils pensent que jouer jour et nuit et s'amuser avec leurs amis constitue le but de la vie. Ce fait prévalait même dans la vie transcendantale de Sri Krishna: lorsqu'Il était enfant, Il aimait beaucoup jouer avec les amis de Son âge, les jeunes pâtres. Il ne retournait même pas chez Lui pour le repas. Mère Yashoda devait aller Le chercher et Le convaincre de rentrer à la maison. Il est donc dans la nature des enfants de passer leur temps à jouer sans se soucier de rien, même pas de leur santé ou d'autres facteurs aussi importants. C'est un bon exemple de preyas, d'activités apportant un bénéfice immédiat, mais il existe également des śreyas, des activités qui apportent un bénéfice à longue échéance. Selon la civilisation védique, un être humain doit être conscient de Dieu. Il doit comprendre qui est Dieu, ce qu'est le monde matériel, qui il est lui-même et quels liens les unissent. C'est ce qu'on appelle śreyas, c'est-à-dire des activités bénéfiques à longue échéance.

    Ce verset du Srimad-Bhagavatam indique que l'on doit s'intéresser aux śreyas. Il faut employer  - sa vie, ses biens et ses paroles - à atteindre le but ultime du śreya, d'une heureuse fortune, non seulement pour soi-même mais aussi pour autrui. Cependant, à moins de s'intéresser aux śreyas dans sa propre vie, on ne peut faire valoir auprès des autres ce but ultime de l'existence.

    Ce verset cité par Sri Chaitanya Mahaprabhu s'applique aux êtres humains, non aux animaux. Comme l'indiquait le verset précédent par les mots manusya-janma, ces injonctions sont destinées aux êtres humains. Malheureusement, bien qu'ils aient des corps d'hommes, les êtres humains ont une telle conduite qu'ils tombent plus bas que les animaux. La faute en échoit à l'éducation moderne. Les éducateurs d'aujourd'hui ne connaissent pas le but de la vie; ils ne se préoccupent que de développer l'économie de leur pays ou celle de l'humanité. Cela est également nécessaire; la civilisation védique prend en compte tous les aspects de la vie humaine - dharma (la religion), artha (le développement économique), kâma (les plaisirs des sens) et moksa (la libération). Cependant, le premier souci de l'humanité devrait être la religion. Pour être religieux, l'homme doit respecter les comandements de Dieu; malheureusement, les hommes de cet âge ont rejeté la religion et sont accaparés par le développement économique. En conséquence, ils recourront à n'importe quels moyens pour obtenir de l'argent. Pourtant il n'est nul besoin de malhonnêteté pour s'assurer la prospérité; on a seulement besoin d'avoir suffisamment d'argent pour subvenir à ses besoins vitaux. Toutefois, du fait que l'essor économique moderne se poursuit sans aucune base religieuse, les gens se sont laissés corrrompre par la convoitise et l'avidité et ils sont prêts à faire n'importe quoi pour de l'argent. Ils ne développent en eux que les caractéristiques de rajas (la passion) et tamas (l'ignorance), négligeant celles de sattva (la vertu) ainsi que les qualités brâhmaniques. Voilà pourquoi le chaos règne dans toute la société.

    Le Bhagavatam dit qu'il est du devoir d'un être humain évolué d'aider la société à atteindre le but ultime de la vie. Un verset similaire à celui-ci se trouve dans le Visnu Purâna (3.12.45), et il va être maintenant cité dans le verset 43 de ce chapitre du Chaitanya charitamrita.

Visnu Purâna (3.12.45):
 
prāṇinām upakārāya
yad eveha paratra ca
karmaṇā manasā vācā
tad eva mati-mān bhajet

" Par ses actes, ses pensées et ses paroles, l'homme intelligent doit accomplir des actions bénéfiques pour tous les êtres vivants, en cette vie comme dans la prochaine."
 

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