Publié par BBT

Le Srīmad Bhāgavatam

par Sa Divine Grâce
 
Onzième Chant 
"Histoire générale"  
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 Dix-septième Chapitre:
  "Description de l'organisation du Varnasrama"
Verset 27
Il faut reconnaître en l'âchârya
Ma propre personne
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ācāryaḿ māḿ vijānīyān
nāvanmanyeta karhicit
na martya-buddhyāsūyeta
sarva-deva-mayo guruḥ


ācāryam — le maître spirituel ; mām — Moi; vijānīyāt — il faut savoir; na avamanyeta — il ne faut jamais manquer de respect; karhicit — à aucun moment; na — jamais; martya-buddhyāen pensant qu'il est un homme ordinaire; asūyeta — il ne faut jamais envier; sarva-deva — de tous les devas; mayaḥ — représentant; guruḥ — le maître spirituel.


TRADUCTION 

 Il faut reconnaître en l'ācārya Ma propre personne et ne jamais lui manquer de respect de quelque façon que ce soit. On ne doit pas être envieux de lui, le considérant comme un homme ordinaire, car il est le représentant de tous les devas.

 

TENEUR ET PORTEE 

   
Ce verset se retrouve également dans le Sri Chaitanya Caritamrta ( Adi 1.46) et la teneur et portée suivante de Srila Prabhupada en est extraite: 

"Ce verset, extrait du Srimad-Bhagavatam (11.17.27), fut prononcé par Sri Krishna en réponse aux questions d'Uddhava portant sur les divisions sociales et spirituelles de la société. Ses instructions touchaient particulièrement à la conduite que doit adoper un brahmacari devant son maître spirituel. Le maître spirituel n'agit pas par désir de jouir du confort que lui procurent ses disciples.  Sa position est comparable à celle des parents. Sans les soins attentifs de ses parents, l'enfant ne peut acquérir la maturité; pareillement, sans la sollicitude du maître spirituel, nul ne peut s'élever au niveau du service transcendantal. 

Le maître spirituel est aussi nommé āchārya, ou professeur transcendantal de la science spirituelle. La Manu-samhita (2.140) décrit les devoirs d'un ācārya; il accepte la charge de disciples, les instruit dans toutes les complexités du savoir védique et leur confère une seconde naissance. La cérémonie par laquelle le disciple est initié à l'étude de la science spirituelle a pour nom upanītī, ou la cérémonie qui nous approche du maître spirituel. Celui qui ne peut être ainsi rapproché du maître spirituel ne saurait porter le cordon sacré, et par suite sera tenu pour un sudra. Le cordon sacré qui pare le corps d'un brāhmana, d'un ksatriya ou d'un vaisya signifie qu'il a reçu l'initiation d'un maître spirituel; il perd cependant toute signification si on ne le porte que pour se faire gloire d'une naissance noble. Il va du devoir du maître spirituel d'initier son disciple selon la cérémonie du cordon sacré et c'est à la suite de ce samskāra, ou sacrifice purificatoire, qu'il commence vraiment à enseigner les Vedas à son disciple. L'homme né sūdra n'est en rien exclu de l'initiation spirituelle, pour autant que le maître spirituel lui accorde sa faveur, car le guru est dûment autorisé à accorder le droit de devenir un brāhmana à tout disciple qui lui paraît en tout point qualifié. Le Vāyu Purāna définit l'āchārya comme celui qui connaît la teneur de tous les Textes védiques, qui explique le but des Vedas, qui observe les règles et principes qu'on y retrouve énoncés, et qui enseigne à ses disciples à en faire autant.
  

Seule Son infinie compassion incite Dieu à Se révéler sous la forme du maître spirituel. Aussi les activités de l'āchārya se placent-elles toutes sous le signe du service d'amour transcendantal offert au Seigneur. Il est le Serviteur Divin Suprême. Il convient de chercher refuge auprès d'un bhakta aussi loyal. On l'appelle l'āśraya-vigraha, c'est-à-dire la manifestation ou la forme du Seigneur en laquelle il faut chercher refuge.
  

Celui qui prétend être un āchārya, mais qui n'a pas une attitude de service envers le Seigneur, doit être considéré comme un offenseur, et son attitude même le disqualifie pour devenir un āchārya. Le maître spirituel authentique s'absorbe constamment dans le pur service de dévotion à Dieu, la Personne Suprême. Et c'est là le critère même qui l'établit comme une manifestation directe du Seigneur et un représentant authentique de Sri Nityānanda Prabhu. Un tel maître spirituel est appelé āchāryadeva. Influencé par une nature envieuse et frustré du fait de sa soif de plaisirs sensoriels, l'homme du commun critique l'āchārya. En vérité, cependant, l'āchārya authentique n'est pas différent de la personne de Dieu, en sorte que le jalouser revient à jalouser Dieu Lui-même, ce qui produira un effet subversif pour la réalisation spirituelle.  

Comme cela a été mentionné plus haut, un disciple doit toujours respecter son maître spirituel comme une manifestation de Sri Krishna. Cependant, il doit simultanément se rappeler qu'un maître spirituel n'est jamais autorisé à imiter les divertissements divins du Seigneur. Il est de faux gurus qui, afin d'exploiter les sentiments de leurs disciples, se prétendent en tout point identiques à Krishna. Ces impersonnalistes ne peuvent que fourvoyer leurs disciples car leur dessein ultime est de se fondre en le Seigneur, aspiration qui va à l'encontre des principes dévotionnels.    On qualifie d' acintya-bhedābheda-tattva la pure philosophie védique, qui établit la différence et la non-différence simultanée de Dieu par rapport à tout ce qui est. Srila Raghunātha dāsa Gosvāmi confirme que telle est bien la position véritable du maître authentique et qu'il faut toujours penser à lui en regard de la relation intime qui l'unit à Mukunda. Srila Jīva Gosvāmi précise pour sa part de façon très nette dans son Bhakti-sandarbha (verset 213) que si un pur bhakta voit le maître spirituel ou Siva comme ne faisant qu'un avec Dieu, la Personne Suprême, c'est parce qu'ils sont des plus chers au Seigneur, et non pas qu'ils Lui soient en tout point égaux. Marchant sur les traces de Srila Raghunātha dāsa Gosvāmi et de Srila Jīva Gosvāmi, les āchāryas qui lui succédèrent, tel Srila Viśvanatha Cakravartī Thākura a souligné que toutes les Ecritures révélées reconnaissent le maître spirituel comme authentique à Dieu parce qu'il est un serviteur très cher et très intime du Seigneur. Les  gaudīyas vaisnavas révèrent donc Srila Gurudeva (le maître spirituel) à la lumière du fait qu'il est le serviteur de Dieu. Tous les Ecrits anciens sur la dévotion, de même que les chants plus récents de Srila Narottama dāsa Thākura, de Srila Bhaktivinoda Thākura et d'autres purs vaisnavas, considèrent toujours le maître spirituel comme l'un des intimes de Srimati Rādhārānī ou comme une manifestation de Srila Nityānanda Prabhu. " 

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