śrī -bhagavān uvāca — Dieu, la Personne
Suprême dit; imam — cette; vivasvate — au deva du soleil; yogam — la science qui traite de la relation unissant l'être distinct à l'Absolu; proktavān —
instruisit; aham — Je; avyayam — impérissable; vivasvān — Vivasvān (the nom du déva du soleil); manave — au père de l'humanité (nommé
Vaivasvata); prāha — dit; manuḥ — le père de l'humanité; ikṣvākave — au
roi Ikṣvāku; abravīt — dit.
TRADUCTION
Ce verset relate l'histoire de la
Bhagavad-gita, depuis les
temps très anciens où son enseignement fut donné au souverain de chacune des planètes de l'univers. Cette science est particulièrement destinée à protéger les peuples du monde, et les
dirigeants de chaque pays ont le devoir de l'étudier, d'en saisir la signification profonde, s'ils veulent parfaitement gouverner l'Etat et sauver leurs concitoyens de la concupiscence
qui les enchaîne à la matière. La mission première de l'homme est de cultiver la connaissance spirituelle, de retrouver sa relation éternelle avec Dieu, la Personne Suprême. Sur toutes les
planètes et dans chaque nation, il incombe donc aux dirigeants de faire partager ce savoir, cette science de la conscience de Krsna, à leurs concitoyens: en leur offrant éducation et culture ainsi qu'en leur apprenant la dévotion, afin qu'ils aient tous l'occasion de mener une existence
positive et de tirer le meilleur parti de leur forme humaine.
Sur le soleil, source de toutes les planètes du système solaire, le deva majeur porte, dans notre ère, le nom de Vivasvān. Brahmā, dans sa Brahma-samhitā nous
dit:
"J'adore Govinda (Krsna), Dieu, la Personne Suprême et Originelle. C'est Lui qui donne au soleil, roi de tous les astres, son immense pouvoir et son intense chaleur. Le soleil représente l'oeil du Seigneur, et s'il tourne sur son orbite, c'est pour répondre à Son ordre."
Le soleil est roi de tous les astres, car il leur donne à tous chaleur et lumière. Au deva qui le gouverne,
Vivasvan, Krsna enseigna originellement la science de la Bhagavad-gita, faisant de lui son premier disciple. La Bhagavad-gita n'est donc pas un recueil de spéculations pour vains érudits, mais un
ouvrage authentique, présentant une connaissance spirituelle transmise de maître à disciple depuis les temps immémoriaux jusqu'à nos jours. Le
Mahābhārata (Śānti-parva 348.51-52) retrace l'histoire de la Bhagavad-gita:
"Au début du deuxième âge (le treta-yuga), Vivasvan enseigna à Manu la science qui permet à l'homme de retrouver la relation l'unissant à Dieu. A son tour, Manu, père de l'humanité, la transmit à son fils, Iksvaku, roi de la Terre et ancêtre de la dynastie Raghu (celle où apparut l'avatara Ramacandra). "
La Bhagavad-gità est donc connue de l'homme depuis l'époque de Maharaja Iksvaku.
Nous vivons à présent dans le kali-yuga, âge dont la durée est de 432 000 ans,
dont 5 000 seulement se sont écoulés. Précédèrent cet âge: le dvapara-yuga, long de 864 000 ans, le treta-yuga (1296 000 ans), et le satya-yuga (1 728 000 ans). C'est au début du
treta-yuga que Manu reçut la, connaissance de la Bhagavad-gita et l'enseigna à
son fils et disciple, Maharaja Iksvaku, roi de la Terre, il y a de cela quelques 2 165 000 ans (1 296 000 plus 864 000 plus 5 000). Une ère de Manu dure environ 305 300 000 ans, dont 120 400 000
se sont déjà écoulés. Puisque le Seigneur énonça la Bhagavad-gita à Son disciple, le deva du soleil (Vivasvan), avant la naissance de Manu, on
peut calculer de façon approximative que cet enseignement eut lieu il y a au moins 120 400 000 ans. Quant à l'homme, il bénéficie de cette
connaissance depuis plus de 2 000 000 d'années. Et le Seigneur l'a formulée de nouveau devant Arjuna voici environ 5 000 ans. Tel est donc, sommairement, selon
l'Ecrit lui même et son auteur, Sri Krsna, le passé historique de la Bhagavad-gita. En sa qualité de ksatriya et d'ancêtre originel des ksatriyas surya-vamsas, descendants du deva du soleil, c'est Vivasvan qui fut choisi pour recevoir le premier cette sagesse. La
Bhagavad-gita, énoncée par le Seigneur Lui-même, possède la même authenticité que les Vedas: elle est dite apauruseya, "au-delà du savoir humain". Il convient donc de la recevoir comme les Vedas, sans la moindre interprétation. Que
les ergoteurs et les sophistes spéculent, comme ils savent le faire, sur la Bhagavad-gita, les conclusions qu'ils tirent de leurs jongleries savantes n'auront jamais rien à voir avec la
Bhagavad-gita originelle. En effet, celle-ci doit être acceptée telle qu'elle est, d'un achârya, appartenant à une filiation spirituelle authentique, à la manière d'Iksvaku qui la reçut de son père, Manu, lui-même l'ayant reçue de son père, Vivasvan, qui l'avait reçue de
Krsna.
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