Publié par BBT

Le Srīmad Bhāgavatam     


               par Sa Divine Grâce
Premier Chant 
"La création"  
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Cinquième Chapitre:
  "Narada instruit Vyasadeva"
Verset 11
Le Bhagavatam a vocation 
de révolutionner le monde
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tad-vāg-visargo janatāgha-viplavo
yasmin prati-ślokam abaddhavaty api
nāmāny anantasya yaśo 'ńkitāni yat
śṛṇvanti gāyanti gṛṇanti sādhavaḥ 



tat— ces; vāk — paroles; visargaḥ — création; janatā — les hommes en général; agha — péchés; viplavaḥ — révolutionnaire; yasmin — dans quoi; prati-ślokam — dans chacune des stances; abaddhavati — composée de manière irrégulière; api — en dépit de; nāmāni — les Noms absolus, etc...; anantasya — du Seigneur infini; yaśaḥ — gloires; ańkitāni — dépeintes; yat — que; śṛṇvanti — entendent; gāyanti — chantent; gṛṇanti — acceptent; sādhavaḥ — les hommes purs qui sont honnêtes. 

 

TRADUCTION
 
 D'autre part, les ouvrages où l'on trouve abondamment décrites les gloires absolues du Nom, de la Renommée, de la Forme et des Divertissements du Seigneur Suprême et Infini, sont d'inspiration purement spirituelle, et les mots sublimes qui en remplissent les pages ont vocation de révolutionner les habitudes impies des cultures égarées de ce monde. Même si la lettre de ces Ecrits comporte des irrégularités, ils demeurent écoutés, chantés et accueillis par tous les hommes purs qu'anime une profonde intégrité.
 

TENEUR ET PORTEE


Les grands penseurs ont cette qualité qu'ils peuvent extraire le meilleur de toute chose, même des plus viles. On dit de l'homme d'intelligence qu'il doit être capable de puiser du nectar dans une coupe de poison, d'accepter l'or même s'il provient d'un endroit immonde, de faire d'une femme qualifiée son épouse, fût-elle issue d'une famille anonyme, et de recevoir les bons enseignements même d'un homme né intouchable. Ce sont là quelques règles d'éthique que tout homme, sans exception, devrait savoir appliquer. Mais l'homme saint se situe fort au-delà des hommes du commun, et on le voit constamment plongé dans la glorification du Seigneur Suprême, car il sait qu'en répandant Son Saint Nom et Ses gloires, il purifiera l'atmosphère polluée du monde, de même qu'en propageant des Ecrits spirituels et absolus comme le Srimad-Bhagavatam il aidera les hommes à rendre plus raisonnables leurs habitudes. Nous apprenons, au moment où nous rédigeons ce commentaire, que la Chine a commis des actes de guerre à la frontière de l'Inde. La politique ne nous concerne guère, mais nous savons que la Chine et l'Inde ont vécu dans la paix, sans mauvais sentiments, durant des siècles. Cela s'explique par le fait que jadis régnait partout une atmosphère de conscience divine; toutes les contrées du globe respectaient Dieu, vivaient dans la pureté et la simplicité, si bien qu'il n'était pas question de heurts politiques. La Chine et l'Inde n'ont certes aucune raison d'engager une guerre de conquête pour des territoires où l'homme ne peut guère vivre. Mais à cause des influences de l'âge de Kali, l'âge de la discorde, dont nous avons déjà parlé, la plus légère provocation a le pouvoir d'engendrer une grave querelle. Le litige en lui-même n'y est pas pour grand-chose, tout est dû à l'atmosphère polluée de cet âge, où une section de l'humanité s'efforce, par une propagande systématique, de mettre un terme à la glorification du Nom et de la Renommée du Seigneur Suprême. Il y a donc un pressant besoin de répandre le message du Srimad-Bhagavatam à travers le monde. Il va du devoir de tout homme responsable né sur la terre de l'Inde de s'acquitter de cette tâche, pour ainsi prodiguer le plus grand bien qui soit en même temps que donner au monde la paix qu'il désire tant. Et parce que l'Inde a failli à cette tâche, tant de luttes et de conflits perturbent aujourd'hui le monde. Mais nous gardons la certitude que si seulement les dirigeants du monde acceptent de recevoir le message sublime du Srimad-Bhagavatam, un changement s'opérera dans leur coeur, et naturellement, la généralité des hommes les suivront. Les hommes dans leur masse ne sont que des instruments dans les mains des politiciens et des dirigeants du monde. Il suffit donc qu'un changement s'opère dans le coeur des dirigeants pour qu'on assiste à une épuration radicale de l'atmosphère universelle.

Nous savons les nombreux obstacles qui s'offrent à notre sincère effort pour présenter ce merveilleux Ecrit, riche de messages sublimes destinés à raviver la conscience divine des masses, à respiritualiser l'atmosphère du monde. Quant à notre tentative pour la présenter dans un langage convenable, nous la voyons déjà vouée à l'échec, d'autant plus qu'il s'agit d'une langue qui nous est étrangère; malgré notre effort sincère de produire un texte conforme aux exigences des lettrés, bien des défauts subsisteront. Mais nous sommes assurés que malgré toutes ces imperfections, les dirigeants de la société considéreront avant tout le sérieux du sujet et accepteront tout de même le message ici présenté, car il s'agit là d'une tentative honnête pour glorifier le Seigneur tout-puissant. Lors d'un incendie, les habitants de la maison en flammes vont aussitôt quérir l'aide des voisins. Ceux-ci pourront être des étrangers, ne pas comprendre le langage des malheureuses victimes, ils n'en réaliseront pas moins l'importance du besoin exprimé. Le même esprit de coopération est requis lorsqu'il s'agit de répandre le message sublime du Srimad-Bhagavatam dans l'atmosphère enfumée de ce monde. Après tout, il s'agit d'une science, étudiant les techniques spirituelles, et nous attachons davantage d'importance aux techniques elles-mêmes qu'au langage qui sert à les exprimer. Si seulement, donc, les voies spirituelles tracées par ce grand Ecrit sont perçues par le lecteur, notre effort aura porté ses fruits. Lorsque, partout dans le monde, les hommes accomplissent trop d'actions à tendance matérialiste, rien d'étonnant à ce que la moindre provocation entraîne les individus ou les nations à des affrontements démesurés. Telles sont les voies qui prévalent dans l'âge de Kali, l'âge de la discorde. L'atmosphère y est déjà grandement polluée, tout s'y corrompt, et on ne le sait que trop.

Aujourd'hui abondent les ouvrages indésirables, suppurant d'idées matérialistes axées autour du plaisir des sens. L'homme veut lire, c'est là un instinct naturel pour lui, mais c'est uniquement parce que son mental est pollué qu'il s'absorbe en de tels écrits. Dans ces conditions, une oeuvre purement spirituelle comme le Srimad-Bhagavatam fera plus que restreindre les activités d'un mental corrompu, dans la masse des hommes: il étanchera également leur soif de lire quelque chose qui les fascine. De même que l'homme qui souffre de la jaunisse n'est pas vraiment enclin à manger des sucreries, alors que seul le sucre le soulagera, il se peut qu'au début, leur condition maladive les empêche d'apprécier avec justesse la saveur du Srimad-Bhagavatam, mais en poursuivant la lecture, ils finiront par s'affranchir de leur mal et pourront dès lors en goûter le nectar. Ainsi, efforçons-nous de répandre systématiquement la Bhagavad-gita et le Srimad-Bhagavatam, de les populariser, car ils ont le pouvoir d'agir comme du sucre, de traiter cette jaunisse qu'est le conditionnement par la matière, l'attachement au plaisir des sens. Quand les hommes auront goûté cet Ecrit, toutes les autres littératures, lesquelles empoisonnent la société, cesseront d'exister. Nous sommes par suite assurés que tous les hommes réserveront au Srimad-Bhagavatam l'accueil qui lui convient, même si la présentation que nous faisons de ce merveilleux Ecrit comporte nombre de défauts, car Srila Narada lui-même, qui à travers Vyasadeva nous instruit dans ce chapitre, le recommande.  

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