patram — une feuille; puṣpam — une fleur; phalam — un fleur; toyam — de l'eau; yaḥ — quiconque; me
— à Moi; bhaktyā — avec dévotion; prayacchati — offre; tat — ceci; aham — Je; bhakti-upahṛtam — offert avec
dévotion; aśnāmi — accepte; prayata-ātmanaḥ — de celui qui a une conscience pure.
Après avoir montré qu'il est le Seigneur originel, le bénéficiaire suprême et le véritable objet de tous les sacrifices,
Krishna révèle quelles offrandes Il désire Se voir présenter en
oblation. Si, en effet, nous désirons nous dévouer au Seigneur, par le service de dévotion,
et ainsi nous purifier pour atteindre le but de l'existence, qui est justement le service d'amour absolu du Seigneur, la première chose est naturellement
de savoir ce qu'Il attend de nous. Celui qui aime Krishna Lui offrira tout ce qu'il désire, et non, bien sûr, ce qui Lui déplait ou ce qu'Il n'a
pas demandé. Aussi ne doit-on pas Lui offrir de viande, de poisson ou d'oeufs, qu'Il n'accepterait d'ailleurs pas. En effet, le Seigneur indique clairement, dans ce verset, les offrandes
qu'Il désire qu'on Lui fasse, et qu'Il acceptera, comme Lui-même le confirme: une feuille, un fruit, une fleur, de l'eau. S'Il avait voulu viande, poisson ou oeufs, Il n'aurait pas manqué de le
mentionner! Aussi devons-nous comprendre qu'Il n'accepterait pas de telles offrandes. Légumes, céréales, fruits, lait et eau composent une nourriture appropriée à l'être humain, et que
recommande Krsna Lui-même. Aucun autre aliment ne doit donc Lui être offert, puisqu' Il le refuserait. Si l'on ne respecte pas Son désir, comment parler d'amour et de dévotion pour Dieu?
Sri Krsna expliquait, au troisième chapitre (BG 3.13) que seuls les reliefs d'aliments offerts en sacrifice sont purs, et propres à nourrir ceux qui cherchent à progresser vers le
but de l'existence, pour finalement s'affranchir de l'engluement matériel. De ceux qui n'offrent pas leur nourriture en sacrifice, ajoutait-Il dans ce
même verset, on dit qu'ils ne mangent que du péché. En d'autres mots, chaque bouchée qu'ils avalent les enfonce plus profondément dans les intrications de la nature matérielle. Par contre,
préparer des plats végétariens simples et savoureux, les offrir devant l'image de Krsna ou devant la murti, Sa Forme dans le temple, en se prosternant et en Le priant d'accepter notre humble offrande, voilà qui nous permet de progresser d'un pas sûr dans la vie, de
purifier notre corps, de produire des tissus cérébraux plus fins, et donc de clarifier nos pensées. Mais par-dessus tout, l'offrande doit être faite dans un sentiment d'amour. Car, Krsna
n'a nul besoin de nourriture, Lui qui possède déjà tout ce qui est, mais Il accepte l'offrande de celui qui désire Lui plaire de cette façon. Le facteur dominant, dans la préparation, dans la
présentation comme dans l'offrande de tels mets, l'ingrédient principal, est donc l'amour pour Krsna. Le philosophe impersonnaliste, désireux de maintenir que l'Absolu n'est pas une personne,
qu'Il est donc dépourvu d'organes sensoriels, ne peut comprendre ce verset de la, Bhagavad-gita. Pour lui, il s'agit soit d'une métaphore, soit d'une preuve de la matérialité de Krishna,
qui énonce la Bhagavad-gita. Or, Krsna, Dieu, le Seigneur Suprême, possède des sens, spirituels; et il est dit de Ses Sens que chacun peut remplir les fonctions de tous les autres. C'est
ce qu'implique le qualificatif d'absolu attribué à Krishna; s'il Lui manquait les sens, comment pourrait-on Le dire maître de toutes les perfections? Dans le quatorzième chapitre, (14.3 et 14.4) Krishna explique comment Il féconde la nature matérielle en y semant les êtres; or, cela s'accomplit sous l'action de Son seul regard. Et ici, nous pouvons
comprendre que par le simple fait d'entendre les mots d'amour prononcés par Son dévot lorsqu'il Lui présente son offrande, Il peut véritablement manger, goûter les aliments qu'on place devant
Lui. Il y a là un point très important, à bien souligner: parce que Krishna est absolu, que Son Sens de l'ouïe peut remplir les fonctions de Son Sens du goût, le fait d'entendre,
pour Lui, ne se distingue en rien du fait de manger ou de goûter. Mais seul le bhakta, qui, sans vaine interprétation, accepte Krsna tel qu'Il Se décrit
Lui-même, peut comprendre que la Vérité Absolue puisse prendre de la nourriture et S'en délecter.