INTRODUCTION A "LUMIERE DES VEDAS"

 - Un enseignement spirituel universel -




   

         Asato mā sad gamaya

         Tamaso mā jyotir gamaya
      Ne reste pas dans l'illusion, va vers la réalité éternelle !
      Ne reste pas dans l'obscurité, va vers la lumière ! 
         
                   Bṛhad-āraṇyaka Upaniṣad (1.3.28) 
 
           


 

Un monde dans l'obscurité

 



Le monde dans lequel nous vivons est plongé dans l'obscurité. Même si la société présente se targue souvent d'être une société de progrés, d'avoir grandement progressée dans les domaines de la technologie, de la science, de la médecine, ..., parallèlement et malgré tout, au sein de la population même, on observe un réel malaise, une véritable insatisfaction.


Grâce aux progrès de la science médicale l'homme a vu son espérance de vie augmenter de façon substantielle. Grâce aussi aux nombreuses découvertes technologiques de ces derniers siècles notre confort matériel s'est indéniablement amélioré. Dans les domaines du travail, du transport, des communications, de l'énergie, des loisirs, etc...des progrès considérables ont été réalisés.


Mais alors pourquoi et curieusement, le bien-être et l'évolution de l'homme, en tant que personne spirituelle, ne semble-t'il pas avoir suivi cette courbe ascendante du progrès matériel ? Pourquoi l'homme n'est-il pas devenu, réellement et au fur et à mesure que le progrès matériel s'intensifiait, plus heureux et épanoui ? Pourquoi ce mal-être, cette insatisfaction, ce mécontentement qui semblent le poursuivre comme une fatalité ?


Les réponses sont certainement multiples mais nombres d'analystes avertis (sociologues, psys, philosophes, religieux...) attribuent ces difficultés principalement au fait que l'homme d'aujourd'hui, de plus en plus, est entouré d'incertitudes. Incertitude face à sa situation personnelle matérielle - amoureuse, familiale, sociale ou professionnelle -, mais incertitude aussi face aux questions existentielles : existe-t'il un véritable sens à la vie? D'où venons-nous? Qui sommes-nous? Pourquoi souffrons-nous ? Pourquoi la maladie, la veillesse ? Tout finit-il avec la mort ou continuons-nous d'exister après ? Et si oui, que se passe-t'il exactement ? Et Dieu, existe-t'Il vraiment ? Ou sommes-nous seuls face à l'immense univers ? Et si Dieu existe, qui est-Il exactement ? Quel est notre relation avec Lui? Etc....


Ce sont autant de questions philosophiques fondamentales, auxquelles l' homme a dû et continue d'être confronté et auxquelles il doit, pour trouver un tant soit peu de sérénité dans sa vie, donner des réponses.


Confronté à ces incertitudes, des maux insidieux rongent l'homme actuel ; un sentiment d'isolement, de profonde solitude et de vacuité de l'existence. Si la science moderne a supplanté l'égémonie religieuse des siècles précédents, elle n'a cependant rien donné en retour qui puisse dissiper ses angoisses et épancher sa quête légitime d'un sens à la vie . Au contraire.


Depuis longtemps déjà les théories scientifiques sont présentées comme vérités établies et sont propagées assidument dans les écoles et les universités. Selon celles-ci la vie est un produit de la matière et résulte de combinaisons chimiques. Elle est un phénomène purement biologique auquel la mort met un terme définitif. L'ancêtre de l'homme est un singe. L'homme lui-même est un enfant du hasard. Dieu est un big bang. L'univers dans quelques milliards d'années sera désintégré et avec lui toute vie disparaitra définitivement ...


Nourri dès l'enfance aux théories de la science matérialiste, comment espérer que l'homme moderne ne soit pas autrement qu'angoissé, miné par un puissant mal-être ? D'autant plus que, pour ne rien arranger, le système économique moderne, axé sur une productivité intense , une concurrence forcenée et un profit maximum, a accentué sa précarité d'emploi et de revenu. Et lorsque, cerise sur le gateau, la société promeut un idéal de vie hédoniste - la recherche forcenée du plaisir des sens (course au plaisir et à la performance sexuelle oblige...) -, quelle chance l'homme actuel a-t'il d'être un homme équilibré et serein ?


L'incertitude entraînant la confusion, l'homme d'aujourd'hui est perdu et ne sait plus vraiment comment conduire sa vie et les sociologues s'accordent aussi pour dire qu'une des grandes lacunes de la société moderne est l' absence de valeurs.

 

La lumière des Vedas

 


Face à la confusion, l'égarement et l'abscence de valeurs qui prédominent dans la société actuelle, l'homme moderne ressent plus que jamais le besoin d'être éclairé et guidé dans sa vie. Afin de palier à cette carence spirituelle de l'homme d'aujourd'hui, l'apport des Vedas, les Ecritures millénaires de l'Inde, est essentiel et inestimable.


Toute la sagesse éternelle de l'Inde se trouve exprimée dans les Vedas, ces anciens textes sanskrits traitant de toutes les branches du savoir. Transmis oralement depuis les origines, les Vedas furent transcrits pour la première fois il y a cinq mille ans, par Srila Vyâsadeva, l'avatâra-écrivain. Les Vedas ne sont pas donc une création humaine mais proviennent de Dieu Lui-même. Les vedas enseigne qu'à l'origine de la création, seul Dieu, Govinda (Krishna) existait. La Bhagavad-gita corrobore ce fait:


ahaḿ sarvasya prabhavo

mattaḥ sarvaḿ pravartate



"De tous les mondes, spirituels et matériels, Je suis la Source, de Moi tout émane  (BG 10.8)



Dieu révéla la connaissance des Vedas à Brahma, le premier être créé, et Brahma, transmit cette connaissance ensuite à son fils Narada qui  la transmit à Srila Vyasadeva, son disciple, et Srila Vyasadeva coucha par écrit toutes les Ecritures védiques .

 

Les Vedas sont les Ecritures révélées les plus anciennes et les plus complètes au monde. Elles contiennent un vaste trésor de savoir qui pendant des millénaires a guidé les hommes et comblé leurs besoins,  matériels certes, mais aussi bien au-delà. En effet, et c'est là l'apport le plus substantiel de la connaissance védique: elle ne limite pas l'homme à la seule sphère corporelle et terrestre mais le révèle aussi à sa véritable identité et à son exceptionnelle destinée - toutes deux purement transcendantes et spirituelles, éternelles , remplies de connaissance et de félicité -, bien au-delà des limites corporelles, psychiques et intellectuelles imposées par son  karma et ses réincarnations successives.


Vedas est un mot sanskrit qui signifie connaissance. Véritable encyclopédie de la connaissance, matérielle et spirituelle, elles contiennent toute la connaissance nécessaire au maintien de l'harmonie du corps et de l'âme. Dans le domaine matériel, on y trouve la connaissance relative à tous les aspects importants de la vie matérielle : la vie politique, sociale, médicale, économique, militaire... Ainsi les Ecritures védiques bien qu'à vocation spirituelle sont aussi extrêmement pragmatiques, tellement, qu'elles contiennent la connaissance détaillée de l'organisation d'une société structurée et épanouie (1) . Cette société, appelée varnasrama-dharma, est absolument unique; tout en comblant les besoins matériels, élémentaires, de l'homme, elle n'omet pas de répondre aux besoins essentiels de sa nature spirituelle, et ainsi de donner à sa vie tout son sens.


Le domaine spirituel, qui constitue l'aboutissement et le couronnement de la connaissance védique, contient des enseignements et des instructions pratiques nécessaires à la réalisation spirituelle, à l'affranchissement du karma et du cycle des morts et des renaissances ( samsara), à la pratique des trois formes de yoga - (astanga-yoga, jñâna-yoga et bhakti-yoga) , au chant et à la pratique de la méditation par mantra (dont le chant du maha-mantra), la connaissance des divers aspects de la Vérité Absolue dont le plus aboutis - celui concernant la Personne de Dieu, Bhagavan Sri Krishna -, le rétablissement de notre relation avec cette Personne Suprême, et le développement de notre amour pour Lui (prema), le perfection ultime de l'existence ( la libération [mukti] et le retour au monde spirituel [vaikuntha] ), etc....

 

La parampara ; la succession disciplique

 le système védique de transmission de la connaissance

 


                              

Cependant, pour que nous en tirions le plein bénéfice, les Ecritures védiques stipulent qu'elles doivent être transmises telles qu'elles sont, purement, sans altérations d'aucune sorte - interprétations purement académiques ou teintées d'impersonnalisme, interprétations motivées par l'intérêt personnel (recherche de profits, de reconnaissance et de notoriété), l'imagination et la spéculation mentale . C'est ce qu'on appelle en langage védique "Le système de la parampara" ou de la transmission inaltérée de la connaissance spirituelle à travers la lignée de maîtres authentiques.


Malheureusement , à travers les siècles et plus spécifiquement au cours de l'air moderne , nombre de philosophes, professeurs, écrivains, swamis impersonnalistes, ont écrit sur les textes védiques (et souvent même ont traduit et commenté ceux-ci) en faisant fi de la parampara, soucieux de mettre en avant leur propre interprétation personnelle. Ils en ont ainsi altérer le sens, fourvoyant la plupart des gens quant à la signification réelle et profonde des Ecritures védiques. Ils ont propagé une conception impersonnaliste et mayavadi de Dieu et de la Vérité Absolue et ont mis l'accent sur des méthodes de réalisation spirituelle apasampradâyas (déviantes), c'est-à-dire diluées, ineffectives, inapropriées ou carrément fourvoyées . Ces méthodes étaient axées principalement sur la pratique d'un yoga mystique dévoyé (le yoga gymnastique), la méditation impersonnelle et la spéculation mentale (2) .


Ainsi, il est impossible de tirer le plein bénéfice de l' étude et de l'application des Ecritures védiques sans l'intermédiaire de maîtres spirituels appartenant à la parampara, de maîtres dont la personne et la vie même incarnent les Ecritures védiques. Ces maîtres dont la vie personnifie les enseignements védiques sont appelés achâryas (ceux qui enseignent par l'exemple; aussi, ceux qui sont exemplaires) (3) et ils sont dotés de toutes les qualités exceptionnelles dont sont parés les grands saints: humilité, modestie, tolérance, pureté, maîtrise de soi, égalité d'esprit, compassion, détermination, dévotion pure et indéfectible envers Dieu, etc.... L'enseignement qu'ils dispensent dans leur bonté infinie, afin d'éclairer les âmes conditionnées de ce monde, non seulement ne diffère pas des vedas, mais encore, l'éclaire et l'embelli (4) .


Sa Divine Grâce A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupâda (1896- 1977) , l'Achârya-Fondateur du Mouvement International pour la Conscience de Krishna (l' iskcon) est un tel achârya. Connu également sous le nom de Srila Prabhupada, sa personne et sa vie sont uniques. Né en 1896, à Calcutta, d'une famille de purs dévots, Srila Prabhupada est un bhakta d'un trés haut niveau (maha-bhagavata) . Toute sa vie fut imprégnée d'une dévotion exceptionnelle pour Dieu, Sri Krishna. Il dira plus tard " A travers toute ma vie, je ne me rappelle pas d'un seul instant où j'ai oublié Krishna". En 1922, il rencontre son maître spirituel, Srila Bhaktisiddhanta Sarasvati Thakura, le Fondateur-Acharya de la Gaudiya Matha, qui lui demande, dès leur première rencontre, de prêcher la conscience de Dieu, à travers le monde. Dès lors, bien que marié et à charge d'une famille, réaliser l'ordre de son maître spirituel, deviendra pour Prabhupada sa principale préocupation. Il prendra l'initiation 10 ans plus tard en 1932. En 1959, il adoptera l'ordre du renoncement (sannyasa) et en 1965, à l'âge de 69 ans, il embarquera à bord du cargo "Jaladuta" pour New-York, afin d'accomplir la mission de sa vie.


                                            SUITE:  INTRODUCTION




(1)
une connaissance qui ne se contente pas d'être virtuelle ou théorique puisqu'elle a été en vigueur pendant des milliers d'années en Inde et ailleurs, et on en retrouve encore maintenant les vestiges - bien que dégénérés malheureusement avec l'avènement de l'Age de Kali.


(2)
) La pratique du yoga mystique (yoga gymnastique) et de la méditation impersonnelle que la Bhagavad-gita , entre autres Ecritures védiques, considére inappropriées pour l'âge de kali ou même, carrément fourvoyées, en ce qui concerne la pratique de la méditation impersonnelle sur le vide telle que la recommande de nombreux soi-disants gurus aujourd'hui.


(3)
Malheureusement ce terme d'achârya dans l'âge de Kali actuel est souvent galvaudé et ainsi finit par ne désigner qu'un simple leader et précepteur d' ashram ou de temple plutôt qu'un grand maître spirituel tel ceux qui font parti de la succession disciplique.


(4)
A l'exemple d'un tel achârya, pur dévot de Dieu et grand maître spirituel, nous retrouvons dans les Ecritures védiques, Sukadeva Gosvami, le narrateur accompli du Srimad-Bhagavatam dont le nom "śuka" (perroquet) souligne, - à l'exemple du perroquet qui possède l'aptitude de rendre plus sucré encore le fruit dans lequel il a mordu -, la capacité de rendre plus suave encore la narration du Srimad-Bhagavatam.

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Guide prononciation sanskrit

Guide de prononciation du sanskrit

 

Les voyelles se prononcent comme suit:
a (court) : comme le o de robe.
ā (long) : comme dans pâtre.
e : comme dans clé.
i (court) : comme dans pic.
ī (long) : comme dans cri.
o : comme dans pot.
u (court) : comme dans le ou de boule.
ū (long) : comme dans loup
ai : comme dans ail.
au par la combinaison d'un a court immédiatement suivi du son ou.
ṛ  (court) : entre le ri de riz et le re de rebelle (r roulé).
(long) : entre le ri de riz et le re de rebelle (r roulé).
: entre lri et lre.

               suite....

 

 
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