Publié par BBT

30 versets-clefs de la
Bhagavad-gita telle qu'elle est
 
 
Par Sa Divine Grâce
A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupada
 
 
Chapitre 15
Verset 6

La demeure suprême

 
na tad bhāsayate sūryo
na śaśāńko na pāvakaḥ
yad gatvā na nivartante
tad dhāma paramaḿ mama
 
 
na —non; tat — ce; bhāsayate — illumine; sūryaḥ — le soleil; na — ni; śaśāńkaḥ — la lune; na — ni; pāvakaḥ — feu, électricité; yat — où; gatvā — allant; na — jamais; nivartante — ils reviennent; tat dhāma — cette demeure; paramam — suprême; mama — Ma. 
 

TRADUCTION
 
Ce Royaume suprême, le Mien, ni le soleil, ni la lune, ni la force électrique ne l'éclairent. Pour qui l'atteint, point de retour en ce monde. 
 
TENEUR ET PORTEE 
 
Ce verset décrit le monde spirituel, où se trouve la demeure de Krsna, Dieu, la Personne Suprême, demeure que l'on nomme Krsnaloka, ou Goloka Vrindavana. Là, nul besoin de la lumière du soleil ou de la lune, du feu ou de l'énergie électrique, car toutes les planètes irradient leur propre lumière, tandis que dans l'univers matériel, seul le soleil possède ce pouvoir. L'éclatante radiance de l'ensemble des planètes spirituelles, les planètes Vaikunthas, constituent "l'atmosphère" radiante appelée le brahmajyoti. Cette radiance émane originellement de la planète de Krsna, Goloka Vrndavana. Une portion en est couverte par le mahat-tattva, l'univers matériel. Mais la plus grande part en reste occupée par d'innombrables planètes spirituelles, les Vaikunthalokas, dont la principale est Goloka Vrndavana.

Tant que l'être demeurera dans l'univers matériel, où règnent les ténèbres, il sera conditionné par la matière, mais dès qu'il atteindra "l'atmosphère" spirituelle, en passant à travers l'arbre dénaturé de ce monde, il sera libéré. Alors, jamais plus il ne reviendra dans l'univers matériel. Encore conditionné, l'être se croit possesseur et maître du monde; une fois libéré, il entre dans le royaume spirituel, où il vit dans la compagnie du Seigneur. Il jouit alors de la vie éternelle, d'une félicité impérissable et de la pleine connaissance.

 Il faut que l'homme se sente captivé en écoutant ainsi ces descriptions. Il doit avoir le désir d'échapper à l'arbre matériel, au reflet trompeur de la réalité, et d'être promu au monde éternel. Celui qui garde trop d'attachement pour l'univers matériel trouvera de grandes difficultés à trancher ce lien; mais qu'il adopte la conscience de Krsna, et il pourra graduellement y parvenir. Pour ce faire, il doit rechercher la compagnie des bhaktas, des êtres établis dans la conscience de Krsna. Il lui faut rejoindre un mouvement, ou une association, voué à la conscience de Krsna, pour apprendre en son sein à servir le Seigneur avec dévotion. D'aller vêtu couleur safran, (la couleur symbolisant le renoncement) et s'arrêter là, ne saurait engendrer le détachement des désirs pour les choses de ce monde. Encore faut-il s'attacher au service de dévotion offert au Seigneur. Il faut donc prendre très au sérieux le fait que le service de dévotion, tel qu'il est décrit dans le douzième chapitre, constitue la seule voie menant hors de ce reflet trompeur de l'arbre réel. Le quatorzième chapitre a montré comment les différentes voies empruntées par l'homme sont teintées par les trois gunas. Seul le service de dévotion y a été décrit comme purement spirituel, comme au-delà des gunas.

Les mots paramam mama revêtent ici une grande importance. En effet, chaque recoin des mondes spirituel et matériel est la propriété du Seigneur, mais le monde spirituel, où règnent les six perfections, est parama, Sa propriété suprême. Les Upanisads confirment également que le monde spirituel n'a nul besoin de la lumière du soleil ou de la lune, car tout entier baigné de l'éclat de la puissance du Seigneur Suprême. Cette demeure suprême, seul l'abandon au Seigneur peut nous y donner accés.

                                        30 versets-clefs

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