Publié par BBT

La Bhagavad-gîtâ telle qu'elle est

par Sa Divine Grâce
A.C.Bhaktivedanta Swami Prabhupada

 

Résumé et Etude de Subhananda

CHAPITRE 3


Le Karma-yoga

 

Au début de ce troisième chapitre, on voit Arjuna confus par les instructions de Krishna données au chapitre précédent, croyant à tort que Ses instructions sont équivoques : comment peut-on se livrer simultanément à l’action et maîtriser ses sens, fixant ses pensées et son intelligence sur le Suprême ? Pourquoi Krishna lui demande-t-il de s’engager dans la guerre ? (1-2). En guise de réponse, Krishna lui explique le karma-yoga, ou l’art d’accomplir des actions libres de tout désir de gain intéressé et dédiées à l’Âme Suprême (3-35).

Karma, l’action intéressée, apporte souffrances et plaisirs matériels. Agréables ou non, les fruits de l’action nous lient néanmoins au cycle des morts et renaissances successives en l’Univers matériel. Mais Krishna ajoute que l’inaction ne suffit pas à nous protéger contre les chaînes de la matière qui nous asservissent à ce monde. Par nature, chacun se voit contraint d’agir, ne serait-ce que pour maintenir son corps physique. Il s’agit donc de travailler de façon à ne pas s’empêtrer davantage dans la matière, mais à parvenir à l’ultime libération. Cet art d’agir s’appelle karma-yoga, et consiste à œuvrer sous la direction de l’Être Suprême (Vishnu ou Krishna) pour Sa satisfaction : « Mais l’action, il convient de l’offrir en sacrifice à Vishnu, de peur qu’elle enchaîne son auteur au monde matériel. Aussi, ô fils de Kuntî, remplis ton devoir afin de Lui plaire, et à jamais tu seras libéré des chaînes de la matière. » (9) Tel que décrit dans les chapitres suivants de la Gîtâ, le karma-yoga nous élève graduellement jusqu’au bhakti-yoga, le pur service de dévotion à Krishna.Vient ensuite une discussion sur le yajña (sacrifice), c'est-à-dire les devoirs prescrits dans les Védas, et qui peu à peu purifient, élevant leur auteur de l’action intéressée à l’action spirituelle (10-16). L’être pleinement réalisé n’a plus besoin d’accomplir de tels devoirs, étant d’ores et déjà entièrement pur et son service est rendu lumineux par le Seigneur. Il doit cependant continuer d’exécuter ses devoirs pour montrer l’exemple aux êtres attachés aux fruits du travail (17-29). Concluant Ses instructions sur le karma-yoga et le yajña, Krishna prie Arjuna : « Me consacrant toutes tes actions, absorbant tes pensées en Moi, libre de toute indolence, de tout égoïsme et de toute motivation personnelle, combats. » (30) Krishna dévoile ensuite en bref pourquoi on doit agir ainsi (31-35).


À la dernière partie de ce chapitre, Arjuna demande : « Qu’est-ce qui, même contre son gré, pousse l’être au péché, comme s’il y était contraint ?» (36) Krishna répond : « C’est la concupiscence [le désir matériel] – ce dévastateur de la connaissance et de la réalisation spirituelle. » Il prescrit la façon de conquérir cette source de péché : la maîtrise des sens inspirée par le savoir spirituel. Les sens (indriyas), le mental (manas) et l’intelligence (buddhi), voilà où se loge cette concupiscence. Sachant le soi au-delà des sens, mental et intelligence matériels, « maîtrise ta nature inférieure par ta nature supérieure et conquiers ainsi cet ennemi insatiable, la concupiscence. » (37-43)

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