Publié par BBT

 La Bhagavad-gîtâ telle qu'elle est

par Sa Divine Grâce
A.C.Bhaktivedanta Swami Prabhupada
 

Résumé et Etude de Subhananda

CHAPITRE 15



Le Personne Suprême
 



       Aux chapitres précédents, Krishna prône le bhakti-yoga, voie par excellence pour Arjuna qui désire s’arracher à l’enlisement dans la matière. Le principe fondamental de ce yoga réside dans le détachement de l’action matérielle en faveur de l’attachement au service de dévotion spirituelle offert à Krishna. Le quinzième chapitre, que nous abordons maintenant, s’ouvre en décrivant la façon de briser l’attachement au royaume de la matière (pour atteindre le monde spirituel), et se termine sur l’affirmation emphatique de Krishna que Sa Divinité Suprême incarne l’essence des Écritures védiques. Qui comprend cette vérité adopte le bhakti-yoga.

Au début du chapitre, l’Univers matériel, avec ses activités intéressées (karma) et ses suites qui enchaînent, est comparé à un arbre banian à l’enchevêtrement inextricable. Les diverses parties de cet arbre (racines, branches, ramilles, feuilles, fruits, etc.) sont comparées à l’action intéressée, la piété et l’impiété, les sens, les objets des sens, les fruits de l’action intéressée, les hymnes védiques visant l’élévation, les différents systèmes planétaires, et ainsi de suite. En s’adonnant à l’action intéressée (qui repose sur le désir de satisfaire ses sens), le jîva se voit forcé d’errer de branche en branche (c'est-à-dire d’un corps à un autre et d’une planète à une autre) sur cet arbre que représente l’Univers matériel. Krishna déclare alors : « Qui connaît cet arbre, connaît les Védas. » En d’autres mots, le but ultime du savoir védique consiste à comprendre cet « arbre » qu’est le monde matériel et auquel il faut s’arracher (1-2).

Krishna décrit ensuite comment y parvenir et atteindre le monde spirituel : « Mais il faut, avec détermination, trancher du glaive du détachement ce banian aux puissantes racines, chercher le lieu d’où, une fois qu’on l’atteint, il n’est pas de retour. Puis là, s’abandonner à la Personne Suprême, Dieu, de qui tout a commencé, et en qui tout demeure depuis des temps immémoriaux. » Krishna définit ensuite comment s’opère cet abandon et donne un bref aperçu du royaume spirituel (3-6).

Aux versets qui suivent, Krishna dépeint les âmes conditionnées en ce monde et la transmigration d’un corps à un autre. Ces âmes sont Ses « fragments éternels ». Selon la mentalité qui l’habite, le jîva enchaîné développe un corps de matière grossière doté d’un réseau de sens spécifique, grâce auquel il jouira d’une gamme propre d’objets des sens. Krishna affirme que les sots ne sauraient concevoir comment s’opère cette transmigration, mais que les sages le peuvent (7-11).

   Krishna traite ensuite de Sa nature suprême, transcendantale et ce, jusqu’à la fin du chapitre (12-20). Énumérant quelques-unes de Ses manifestations dans l’Univers matériel par quoi Il soutient tout, y compris la totalité des êtres vivants, Il affirme être la source du soleil, de la lune et du feu. C’est Lui qui maintient les planètes dans leur orbite; Lui le feu de la digestion, l’Âme Suprême dans le cœur de chaque être, la source et le but ultime des Védas (12-15). Krishna explique qu’il existe deux ordres d’êtres: le « faillible » (les âmes conditionnées de l’Univers matériel) et l’« infaillible » (les âmes libérées du monde spirituel). Mais au-delà est le Seigneur en personne, qui soutient les mondes matériels et spirituels (16-17). Aussi « le monde et les Védas Me célèbrent comme cette Personne Suprême [Purusottamam]. » (18) Quiconque Le connaît ainsi, « sa connaissance embrasse tout », et il Le sert avec amour et dévotion (19). Krishna conclut que la connaissance de Sa suprématie et le service qu’on Lui offre incarnent l’essence des Écritures védiques. Un tel entendement mène à la sagesse et à la perfection (20).  

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