Publié par BBT

Le Srīmad Bhāgavatam  

par Sa Divine Grâce
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Septième Chant 
"La science de Dieu"  

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 Cinquième Chapitre:
 "Prahlāda Mahārāja, le saint 
fils d'Hiraṇyakaśipu "
 
Verset 30 

La vie matérielle:
mâcher le déjà maché

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śrī-prahrāda uvāca
matir na kṛṣṇe parataḥ svato vā
mitho 'bhipadyeta gṛha-vratānām
adānta-gobhir viśatāḿ tamisraḿ
punaḥ punaś carvita-carvaṇānām



śrī-prahrādaḥ uvāca — Prahlāda Mahārāja dit; matiḥ — inclination; na — jamais; kṛṣṇe — envers le Seigneur Kṛṣṇa; parataḥ — des instructions venant d'autres personnes; svataḥ — selon leur propre compréhension; — ou; mithaḥ — de l'effort combiné; abhipadyeta — est développée; gṛha-vratānām — de personnes trop attachées à la conception corporelle de l'existence; adānta — non maîtrisés; gobhiḥ — par les sens; viśatām — entrant dans; tamisram — une existence infernale; punaḥ — encore; punaḥ — encore; carvita — ce qui a déjà été mâché; carvaṇānām — qui mâchent.



TRADUCTION

 
Prahlada Maharaja répondit en ces termes:
"Du fait qu'ils ne sont pas maîtres de leurs sens, ceux qui sont exagérément attachés à l'existence matérielle marchent  vers  des  conditions  de  vie  infernales  et mâchent sans fin ce qui a déjà été mâché. Jamais ils ne développent en eux une attirance pour Krishna, que ce soit à la faveur d'enseignements reçus d'autrui, par leurs propres efforts, ou par une combinaison des deux." 
              


TENEUR ET PORTEE:

 
     Dans ce verset, les mots matir na krsne se rapportent au service de dévotion offert à Krishna. De prétendus politiciens, éminents érudits et philosophes lisant la Bhagavad-gita s'efforcent d'en dénaturer le sens pour l'adapter à leurs desseins matériels, mais la conception erronée qu'ils ont de Krsna ne leur sera d'aucun profit. Du fait que ces politiciens, érudits et philosophes veulent utiliser la Bhagavad gita pour régler leurs problèmes d'un point de vue matériel, il ne leur est pas possible de penser constamment à Krsna, ou d'être conscients de Krsna (matir na krsne). Comme l'enseigne la Bhagavad gita : bhaktya mam abhijanati - seul le service de dévotion permet de connaître Krsna tel qu'Il est." (BG 18.55) Les soi-disant politiciens et érudits considèrent Krsna comme un personnage fictif. Le politicien déclare que son Krsna est différent de celui que décrit la Bhagavad gita. Même s'il accepte Krishna ou Râma comme le Suprême, il Leur attribue une existence impersonnelle, car il n'a pas la moindre conception de ce qu'est le service de Krishna. Aussi toute son occupation se résume-t-elle en ces mots: punah punas carvita-carvanânâm - mâcher sans fin ce qui a déjà été mâché. Le but de ces politiciens et de ces érudits profanes est de jouir de l'univers matériel au moyen de leurs sens. C'est pourquoi il est clairement déclaré ici que les griha-vratas, ceux dont le seul but est d'assurer tout le confort possible à leur corps en ce monde, ne peuvent comprendre la Personnalité de Krishna. Les deux expressions grha-vrata et carvita-carvanânâm indiquent que le matérialiste cherche à jouir des plaisirs des sens dans différentes formes de corps, vie après vie, mais demeure insatisfait. Au nom du personnalisme, ou de telle autre doctrine en "isme", ces personnes restent à jamais attachés à un mode de vie matérialiste. Selon la Bhagavad-gita :                
 
bhogaiśvarya-prasaktānāḿ
tayāpahṛta-cetasām
vyavasāyātmikā buddhiḥ
samādhau na vidhīyate  
 
 Trop attaché au plaisir des sens, à la richesse et à la gloire, et égaré par ces désirs, nul ne connaît jamais la ferme volonté de servir le Seigneur Suprême avec amour et dévotion.  
               Bhagavad-gita (2.44)   

Les êtres attachés aux plaisirs matériels ne peuvent se fixer dans le service de dévotion offert au Seigneur. Ils ne peuvent ni percevoir la position de Bhagavân, Krsna, ni comprendre Son enseignement, la Bhagavad gita. Adânta-gobhir visatâm tamisram: la voie qu'ils empruntent les conduit directement vers une existence infernale.

Comme Risabhadeva le confirme:  mahat-sevâm dvâram âhur vimukteh - il faut chercher à connaître Krishna en servant l'un de Ses dévots. Le mot mahat se rapporte en effet à un bhakta.
 
mahātmānas tu māḿ pārtha
daivīḿ prakṛtim āśritāḥ
bhajanty ananya-manaso
jñātvā bhūtādim avyayam
 
"Ceux qui ignorent l'égarement, ô fils de Pritha, les mahâtmâs, se trouvent sous la protection de la nature divine. Me sachant Dieu, la Personne Suprême, originelle et intarissable, ils s'absorbent dans le service de dévotion." 
             Bhagavad gita (9. 13)

Un mahâtmâ est une personne qui pratique constamment le service de dévotion, vingt-quatre heures par jour. Comme l'expliquent les versets qui suivent, à moins de s'en remettre à une personne aussi noble, nul ne peut connaître Krishna tel qu'Il est. Hiranyakasipu désirait savoir où Prahlâda avait acquis sa conscience de Krishna. Qui l'avait donc instruit? Prahlada lui répondit alors d'une manière sarcastique: "Mon cher père, les hommes comme toi ne peuvent jamais comprendre qui est Krsna. On ne peut Le comprendre qu'en servant une grande âme (mahat). On dit des personnes qui cherchent à améliorer leurs conditions matérielles qu'elles mâchent du déjà mâché. Personne n'a jamais réussi à parfaire sa condition matérielle; pourtant, vie après vie, de générations en générations, les gens s'y appliquent, et ils échouent de façon répétée. A moins d'être convenablement instruit par un mahat - un mahâtmâ, un pur dévot du Seigneur - , il est impossible de comprendre Krishna et Son service de dévotion."  

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