Publié par BBT

Le Srīmad Bhāgavatam 


par Sa Divine Grâce
"La science de Dieu"  
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 Cinquième Chapitre:
  "Prahlāda Mahārāja, le saint 
fils d'Hiraṇyakaśipu "
 
Verset 31 
Servir Visnu; le but de la vie
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na te viduḥ svārtha-gatiḿ hi viṣṇuḿ
durāśayā ye bahir-artha-māninaḥ
andhā yathāndhair upanīyamānās
te 'pīśa-tantryām uru-dāmni baddhāḥ



na — ne pas; te — ils; viduḥ — connaissent; sva-artha-gatim — le but ultime de la vie, ou leur véritable intérêt personnel; hi — en vérité; viṣṇum —  le Seigneur Viṣṇu et Sa demeure; durāśayāḥ — ayant l'ambition de jouir de cet univers matériel; ye — qui; bahiḥ — les objects externes des sens ; artha-māninaḥ — considérant comme ayant de la valeur; andhāḥ — des aveugles; yathā — comme; andhaiḥ — par d'autres aveugles; upanīyamānāḥ — étant conduits; te —ils; api — bien que; īśa-tantryām — aux cordes (lois) de la nature matérielle; uru — faites de très robustes ; dāmni — cordes; baddhāḥ — liés.


TRADUCTION
 

Les êtres hantés par le désir de jouir de l'existence matérielle, et ayant dès lors accepté pour maître ou pour guru un autre aveugle également attaché aux objets des sens, ne peuvent comprendre que le but de la vie consiste à retourner dans leur demeure originelle pour y servir Dieu, Visnu. De même que des aveugles guidés par un autre aveugle s'écartent du chemin et tombent dans un ravin, les hommes attachés à la vie matérielle qui se laissent guider par d'autres hommes eux aussi d'esprit matérialiste, se voient liés par les cordes très robustes de l'action intéressée et poursuivent sans fin leur existence matérielle, assujettis aux trois formes de souffrances.


TENEUR ET PORTEE
 

Comme il doit toujours y avoir des divergences d'opinions entre les asuras et les bhaktas, Hiranyakasipu, se voyant critiqué par son fils, n'aurait pas dû être surpris de ce que Prahlada Maharaja n'approuvait pas son mode de vie. Cependant, Hiranyakasipu entra dans une extrême colère et voulut s'en prendre à son fils pour avoir déconsidéré son précepteur, ou maître spirituel, issu d'une famille de brahmanas, celle de l'illustre achârya Sukracarya. Le mot sukra signifie "semence'; et achârya "précepteur", ou guru. Les gurus ou maîtres spirituels par hérédité ont partout existé depuis des temps immémoriaux, mais Prahlada Maharaja se refusait à accepter un guru de ce genre ou à recevoir des instructions de lui. Le véritable guru est srotriya, c'est-à-dire qu'il doit avoir entendu ou reçu le parfait savoir par l'intermédiaire d'une filiation spirituelle (parampara). C'est pourquoi Prahlada Maharaja n'accordait aucune valeur à un maître spirituel héréditaire. Cette sorte de "gurus" n'éprouvent aucun intérêt pour Vishnu; au contraire, ils aspirent à la réussite matérielle (bahir-artha-maninah). Le mot bahih signifie "externe", artha "intérêt", et manina "prenant très au sérieux". D'une manière générale, on peut dire que la quasi-totalité des hommes ignore l'existence du monde spirituel. La connaissance des matérialistes est restreinte aux limites des quelque six milliards de kilomètres que mesure le diamètre de ce monde matériel, situé dans la partie obscure de la création; ils ignorent qu'au-delà de cet univers se trouve le monde spirituel. A moins d'être un dévot du Seigneur, personne ne peut comprendre l'existence du monde spirituel. Les gurus, ou précepteurs, uniquement intéressés par l'univers matériel, sont ici qualifiés d'aveugles (andha). Ces aveugles peuvent bien sûr guider d'autres aveugles dépourvus de toute connaissance véritable concernant la nature de l'existence en ce monde, mais ils ne sont pas reconnus par des bhaktas comme Prahlada Maharaja. Ces maîtres aveugles, préoccupés par le monde externe, matériel, restent à jamais prisonniers des puissants liens de la nature matérielle.

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