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saḥ — cela; vai — certes; puḿsām — pour l'humanité; paraḥ
— suprême; dharmaḥ — occupation; yataḥ — par quoi; bhaktiḥ — service de dévotion; adhokṣaje — à la Transcendance;
ahaitukī — immotivé; apratihatā — ininterrompu; yayā — par quoi; ātmā — le ; suprasīdati — pleinement
satisfaite.
L'occupation suprême pour l'homme est celle qui le conduit à servir l'Absolu Seigneur avec amour et dévotion. Et quant à ce service de dévotion, il doit, pour combler l'âme, être immotivé et ininterrompu.
Dans ce verset, Srila Suta
Gosvami répond à la première question des
sages de Naimisaranya. Ceux-ci l'avaient prié de présenter l'ensemble des
Ecritures révélées, réduites à
leur essence, de façon que les âmes déchues, qui forment la masse des hommes, puissent facilement y accéder. Les Vedas indiquent deux voies de l'action pour l'homme, l'une inférieure, qu'on
appelle pravrtti-marga, ou voie de la satisfaction des sens, et l'autre supérieure, qui prend nom de nivrtti-marga, ou voie du renoncement, du sacrifice pour la cause suprême.
L'existence matérielle représente, pour l'être vivant, une condition morbide, car il est fait pour la vie spirituelle, dite brahma-bhuta, qui est toute d'éternité, de
connaissance et de félicité. L'existence matérielle, d'autre part, n'est qu'éphémère, illusoire et fertile en souffrances; on n'y trouve pas le bonheur, mais seulement le
vain effort d'échapper à tous ses tourments, et ce qu'on y appelle "bonheur" n'est que la cessation momentanée de la souffrance. Aussi dit-on de la voie des plaisirs matériels, temporaire,
misérable et illusoire, qu'elle est inférieure, alors que la voie du service de dévotion offert au Seigneur Suprême, et qui mène à la vie éternelle, toute de
connaissance et de félicité, est certes la voie supérieure, la voie de l'occupation suprême.
Il arrive toutefois qu'à cette occupation suprême se mêlent des éléments d'ordre inférieur qui la souillent, la perturbent. Si,
par exemple, on adopte le service de dévotion en vue d'en retirer des bienfaits matériels, on crée certes un obstacle au développement progressif du renoncement, de l'abnégation pour le bienfait
ultime, lequel est sans contredit supérieur aux "plaisirs" que procure la condition matérielle morbide. Ce genre de plaisir ne peut en effet qu'aggraver le malaise tout en prolongeant sa durée.
Il est donc nécessaire que le service de dévotion offert au Seigneur soit pur, c'est-à-dire libre du moindre désir de jouissance matérielle. Ainsi, chacun devrait emprunter la voie supérieure,
celle du service de dévotion pur, affranchi de tout désir futile, de toute action intéressée, de toute spéculation intellectuelle, car c'est ainsi, et seulement ainsi, qu'on y trouvera l'éternel
contentement.
Nous avons ici choisi de traduire le mot dharma par "occupation", car la racine en indique "ce qui soutient notre existence".
Or, le soutien de l'existence est obtenu en coordonnant les activités de l'être selon la relation éternelle qui l'unit au Seigneur Suprême, Sri Krsna. Krsna représente l'axe autour duquel gravitent tous les êtres; parmi tous les
êtres, parmi toutes les formes éternelles, il est l'infiniment fascinant. Chaque être possède une forme éternelle sur le plan spirituel, et Krsna est pour tous l'éternel
objet d'attraction. Krsna est le Tout complet, et tout fait partie intégrante de Sa Personne. La partie sert le Tout et le Tout accepte ce service. Telle est la relation qui unit tous
les êtres à Krsna, relation spirituelle, absolue, distincte de toutes celles qu'il nous est donné de connaître au niveau matériel. Cette union par le service constitue en fait
la forme de relation la plus plaisante et la plus profonde au niveau spirituel, comme on le réalise au fur et à mesure du progrès dans la dévotion. Tous, même à l'état
conditionné, au coeur de l'existence matérielle, devraient s'engager dans le service d'amour sublime du Seigneur, trouvant ainsi peu à peu le vrai sens de la vie et la satisfaction
totale.