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Verset 7
Le service de dévotion
génère le savoir et le détachement
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vāsudeve — à Krishna; bhagavati — à la Personne Suprême, Dieu; bhakti-yogaḥ — le service de dévotion; prayojitaḥ — étant appliqué; janayati — produit;
āśu — très bientôt; vairāgyam — détachement; jñānam — connaissance; ca — et; yat — ce que; ahaitukam — immotivé.
TRADUCTION
Qui sert le Seigneur Suprême, Sri Krsna, avec amour et dévotion, acquiert aussitôt, par grâce, le savoir et le détachement.
TENEUR ET PORTEE
Ceux qui voient le service de dévotion offert au Seigneur Suprême, Sri Krsna, comme une manifestation d'émotivité plus ou moins matérielle pourraient ici
objecter que les Écritures recommandent, comme moyens de réalisation spirituelle, d'autres
voies: celles du sacrifice, de la charité, de l'austérité, de la connaissance, des pouvoirs
yogiques (siddhis), etc. Selon eux, la bhakti, la dévotion au Seigneur, est réservée à ceux qui se montrent incapables de
pratiquer une méthode supérieure. Il est courant également d'entendre dire que la voie de la bhakti convient davantage aux femmes, aux sudras et aux vaisyas, dont l'intelligence est de moindre acuité. Raisonnements des plus
superficiels. La pratique de la bhakti, la plus haute de toutes les activités spirituelles, est à la fois sublime et facile. Elle est en
même temps sublime pour les purs bhaktas, animés du sérieux désir d'entrer au contact du Seigneur Suprême, et facile pour les néophytes, ceux encore au seuil du palais de la dévotion au Seigneur.
Savoir entrer au contact de Dieu, la Personne Suprême, ou Sri Krsna, est une grande science, et elle s'avère accessible à tous -sudras, vaisyas, femmes, voire aux êtres dits de
basse naissance, inférieurs même aux sudras. A plus forte raison conviendra-t-elle aux hommes particulièrement évolués, brahmanas qualifiés ou grands rois saints et réalisés. Quant aux nobles pratiques du
sacrifice, de la charité, de l'austérité..., elles représentent autant de corollaires à la pure science de la bhakti.
Les principes du savoir et du détachement constituent deux facteurs de poids sur le chemin de la
réalisation spirituelle. Le développement de la spiritualité entraîne une connaissance parfaite de toutes choses matérielles et spirituelles, et les effets d'un tel savoir se manifestent
par le détachement du monde de la matière et l'attachement aux activités spirituelles. En effet, se détacher des choses matérielles ne signifie pas cesser toute activité, comme le croient
des ignorants. Le naiskarma consiste plutôt à renoncer à toute
activité engendrant des conséquences matérielles, bonnes ou mauvaises. La négation n'implique pas la contestation de tout point de vue positif. Le rejet du non-essentiel n'implique pas en même
temps celui de l'essentiel. De même, le détachement des formes matérielles ne saurait impliquer la négation de la forme positive, spirituelle, que la bhakti a pour objet de réaliser; qu'on la
réalise, et on rejette par là même toutes les formes négatives. Par suite, avec le développement de la bhakti -engagement positif au service de la forme
positive- on se détache naturellement des objets inférieurs pour s'attacher aux valeurs supérieures. Ainsi, la pratique de la bhakti, parce qu'occupation suprême, arrache l'être
aux bas plaisirs des sens. Et c'est ce qui fait la marque du pur bhakta. Il n'est pas sot, et ne perd pas ses esprits, ni ne s'empêtre au niveau des énergies inférieures ou ne
s'attache aux valeurs matérielles. On ne saurait, d'autre part, atteindre ce savoir qualifié par quelque raisonnement stérile, car il n'est en
fait accessible que par la grâce du Tout-puissant. Concluons en disant que le pur bhakta possède toutes les qualités -le savoir, le détachement, ou renoncement mais celui qui
possède uniquement le savoir ou le renoncement ne maîtrise pas nécessairement les principes de la bhakti. La bhakti, donc, constitue pour l'homme
l'occupation suprême.