Le Srīmad Bhāgavatam  
    

par Sa Divine Grâce
_________  

 

Premier Chant 
"La création"   

________________________
  Troisième Chapitre:
  " Les Avâtaras "

Verset 28
Krishna est Dieu, Lui-même,
l'Origine de tous les avatâras

___________________


ete cāḿśa-kalāḥ puḿsaḥ

kṛṣṇas tu bhagavān svayam

indrāri-vyākulaḿ lokaḿ

mṛḍayanti yuge yuge




ete — tous ces (avatâras); ca — et; aḿśa — émanations plénières; kalāḥ — émanations d'émanations plénières; puḿsaḥ — du Seigneur Suprême; kṛṣṇaḥ — Le Seigneur Krishna; tu — mais;  bhagavān — Dieu, la Personne Suprême; svayam — en personne; indra-ari — les ennemis d'Indra; vyākulam — troublées; lokam — toutes les planètes; mṛḍayanti — protège; yuge yuge — en différents âges.

 


TRADUCTION




 

 Tous ces avatâras (voir 1.3.5) sont ou bien des émanations plénières du Seigneur, ou bien des émanations de ces émanations plénières, mais Sri Krsna est Lui-même Dieu, le Seigneur Suprême dans Sa Forme primordiale. Chaque fois qu'en quelque endroit de l'univers les asuras sèment le désordre, le Seigneur apparaît pour protéger Ses dévots .





TENEUR ET PORTEE

 



Ce verset distingue plus particulièrement Sri Krishna, le Seigneur Suprême, de tous les autres avatâras. Si on Le compte tout de même parmi les avatâras, c'est parce que dans Sa miséricorde infinie, Il est descendu de Son royaume spirituel (le mot avatâra signifie littéralement "qui descend"). Tous les avatâras, y compris le Seigneur en Sa Forme primordiale, descendent aussi bien sur différentes planètes de l'univers qu'en différentes espèces vivantes, afin de remplir des missions précises. Le Seigneur vient parfois en personne, et d'autre fois Il délègue Ses diverses émanations plénières, ou les émanations de celles-ci, ou encore Ses émanations partielles, directement ou indirectement dotées par Lui de pouvoirs. Par nature, le Seigneur possède pleinement toutes les excellences -beauté, richesse, renommée, puissance, sagesse et renoncement- et s'il arrive que Ses émanations plénières ou leurs émanations n'en montrent qu'une partie lorsqu'elles apparaissent, c'est uniquement, comprenons-le bien, pour satisfaire aux exigences de leurs missions respectives. Quelques ampoules allumées dans une pièce n'indiquent rien sur le pouvoir réel de la centrale électrique, car elle peut simultanément alimenter de grands complexes industriels. De même, les divers avatâras ne manifestent les pouvoirs du Seigneur qu'en proportion des besoins créés par les circonstances.


L'avatâra Parashurâma, par exemple, fit montre d'une puissance incomparable en détruisant à vingt et une reprises les ksatriyas rebelles, et Sri Nrisimhadeva en vainquant le très puissant asura Hiranyakasipu. Ce dernier avait une telle puissance que le moindre froncement de ses sourcils faisait trembler les devas sur les autres planètes. Or, les devas jouissent d'un niveau d'existence de loin supérieur à celui des humains, d'une longévité, d'une beauté et de richesses incomparablement plus grandes; et pourtant, ils craignaient Hiranyakasipu. Imaginons quelle pouvait être sa puissance matérielle ! Toutefois, il fut mis en pièces par les griffes de l'avatara Nrsimha. Cet épisode démontre bien que nul, si grand soit-il dans l'ordre matériel, ne peut offrir de résistance contre les griffes puissantes du Seigneur. Et de même, Jamadagnya, ou Parashurâma, manifesta la puissance incomparable du Seigneur en écrasant les rois démoniaques, tous fortement établis dans leurs états respectifs. Quant à Narada (avatâra directement doté de pouvoirs), Varaha (émanation plénière du Seigneur) et Bouddha (avatara indirectement doté de pouvoirs), ils inculquèrent la foi aux masses. Râmacandra et Dhanvantari exhibèrent la renommée du Seigneur, et Balarâma, Mohini de même que Vamana déployèrent Sa beauté. Dattatreya, Matsya, Kumaras et Kapila manifestèrent Son savoir, et Nara Narayana Rsis étalèrent Son renoncement. Ainsi, chaque avatara montra, par voie directe ou indirecte, certains traits du Seigneur, mais Sri Krsna, Lui-même le Seigneur en Sa Forme primordiale, manifesta tous les caractères de Dieu, preuve qu'Il est bien la source de tous les autres avataras. Son trait le plus merveilleux, c'est en manifestant Sa puissance interne à travers Ses Divertissements avec les gopis qu'Il le révéla. Ces Divertissements, qui peuvent apparaître comme de simples jeux érotiques, constituent en fait autant de déploiements sublimes de l'être, de la connaissance et de la félicité spirituels, qu'il faut bien se garder de mésinterpréter. Le Srimad-Bhagavatam relate ces Divertissements dans le dixième Chant, et pour donner au lecteur de s'élever jusqu'au niveau où il pourra en comprendre la nature purement spirituelle, il le guide progressivement à travers les neuf premiers Chants.


Les enseignements de Srila Jiva Gosvami, à l'appui de sources autorisées, le confirment: Sri Krsna est bel et bien la source de tous les autres avataras; Lui-même n'a par ailleurs aucune origine. Tous les traits de la Vérité Absolue sont présents dans leur plénitude en la Personne de Sri Krsna, qui déclare d'ailleurs Lui-même avec emphase, dans la Bhagavad-gita, que nulle vérité ne Lui est supérieure ni même égale. Et notre verset utilise le mot svayam précisément pour indiquer que Sri Krsna est Sa propre origine. Bien qu'en raison de leurs pouvoirs spécifiques, on use parfois également du mot bhagavan pour désigner les autres avataras, jamais on ne les identifie au Seigneur Suprême et Originel. Dans ce verset, le mot svayam marque bien la suprématie absolue de Sri Krsna en tant que le summum bonum.


Ce summum bonum, Krsna, est l'existence unique, qui S'est multiplié en d'innombrables émanations et manifestations plénières, partielles ou distinctes, tels les svayam-rûpas, les svayam-prakâsh, les tadekâtmâs, les prabhavas, les vaibhavas, les vilâsas, les avatâras, les aveshas et les jîvas, (1)  tous pourvus d'énergies innombrables, précisément adaptées à leurs personnalités respectives. Les savants et érudits en matière spirituelle ont minutieusement analysé le summun bonum, Sri Krsna, et découvert en Lui soixante-quatre Attributs majeurs (voir  chapitre 21 du Nectar de la dévotion ) . Les diverses émanations ou catégories du Seigneur ne possèdent qu'une certaine proportion de ces Attributs, que Sri Krsna possède tous pleinement. Toutes Ses émanations personnelles, tel les svayam-rupas, les svayam-prakasas, les tadekatmas, qui appartiennent tous à la catégorie des visnu-tattvas, et ainsi de suite jusqu'aux avataras possèdent jusqu'à quatre-vingt-treize pour cent de Ses Attributs et Siva, qui n'est ni un avatara, ni un avesa, ni même entre les deux, possède pratiquement quatre-vingt quatre pour cent de Ses Attributs. Quant aux jivas, les êtres distincts évoluant à divers niveaux, ils peuvent posséder jusqu'à soixante-dix-huit pour cent de Ses Attributs. A l'état conditionné, seule une très faible partie de ce pourcentage se manifeste en eux, variant selon le degré de vertu de chacun. Or, le plus parfait, le plus vertueux, de tous les êtres en ce monde est Brahma, le régent suprême dans chaque univers, qui possède donc pleinement soixante-dix-huit pour cent des Attributs du Seigneur. Les autres devas en bénéficient à un degré moindre, et les hommes n'en détiennent qu'une infime partie. La perfection, pour l'homme, consiste donc à développer jusqu'au bout soixante-dix-huit pour cent de ces Attributs; jamais il ne peut atteindre le niveau de Siva, de Visnu ou de Krsna, quel que soit son degré de sainteté. Mais il pourra, en temps et lieu, devenir un Brahma. Les êtres saints, purs, qui résident sur les planètes du monde spirituel, qu'on nomme Hari-dhama, ou Mahesa-dhama, sont tous des compagnons éternels du Seigneur. Quant au royaume de Sri Krsna, sis au-delà de toutes les autres planètes spirituelles, on le nomme Krsnaloka, ou Goloka Vrndavana, et les êtres accomplis, qui ont pleinement développé soixante-dix-huit pour cent des Attributs du Seigneur, pourront, après avoir quitté leur corps matériel, y entrer.


                                                                                   


 (1) Voici quelques définitions  des différents noms et désignations utilisés ici. Quiconque désire approfondir ce sujet essentiel des différentes formes manifestées par Krishna, le Seigneur Suprême originel, peut consulter le chapitre 6, 7 et 8 des "Enseignements du Seigneur Chaitanya" par Srila Prabhupada. (nde:  Nous nous permettons d'avertir  le lecteur que, vu la complexité du sujet, il est préférable de l'étudier sous l'égide d'un dévot érudit, déjà versé dans cette connaissance spécifique).

svayam-rûpa: la Forme originelle de Krishna , le jeune pâtre de Vrindavana (Krishna demeure toujours à Vridavana).

svayam-prakâshs: Formes personnelles de Krishna.

tadekâtmâs-rupas: Formes personnelles de Krishna mais qui comportent cependant quelques différences quant aux traits corporels et aux activités qu'Ils manifestent.

les avatâras: (voir avatâras)

les jîvas: (voir jivas)


avesha-rupas
(ou shaktyavesha-avatâras) : êtres investis de pouvoirs par le Seigneur Suprême
.  

 

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Le Srīmad Bhāgavatam  

    

par Sa Divine Grâce
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Septième Chant 
"La science de Dieu"  

 __________________

 Cinquième Chapitre:
 "Prahlāda Mahārāja, le saint 
fils d'Hiraṇyakaśipu "
  

Verset
 30
 
La vie matérielle:
mâcher le déjà maché
__________________


śrī-prahrāda uvāca

matir na kṛṣṇe parataḥ svato vā
mitho 'bhipadyeta gṛha-vratānām
adānta-gobhir viśatāḿ tamisraḿ
punaḥ punaś carvita-carvaṇānām

 




śrī-prahrādaḥ uvāca
— Prahlāda Mahārāja dit; matiḥ — inclination; na — jamais; kṛṣṇe — envers le Seigneur Kṛṣṇa; parataḥ — des instructions venant d'autres personnes; svataḥ — selon leur propre compréhension; — ou; mithaḥ — de l'effort combiné; abhipadyeta — est développée; gṛha-vratānām — de personnes trop attachées à la conception corporelle de l'existence; adānta — non maîtrisés; gobhiḥ — par les sens; viśatām — entrant dans; tamisram — une existence infernale; punaḥ — encore; punaḥ — encore; carvita — ce qui a déjà été mâché; carvaṇānām — qui mâchent.




TRADUCTION




Prahlada Maharaja répondit en ces termes:
"Du fait qu'ils ne sont pas maîtres de leurs sens, ceux qui sont exagérément attachés à l'existence matérielle marchent  vers  des  conditions  de  vie  infernales  et mâchent sans fin ce qui a déjà été mâché. Jamais ils ne développent en eux une attirance pour Krishna, que ce soit à la faveur d'enseignements reçus d'autrui, par leurs propres efforts, ou par une combinaison des deux."               




TENEUR ET PORTEE:

  


     Dans ce verset, les mots matir na krsne se rapportent au service de dévotion offert à Krishna. De prétendus politiciens, éminents érudits et philosophes lisant la Bhagavad-gita s'efforcent d'en dénaturer le sens pour l'adapter à leurs desseins matériels, mais la conception erronée qu'ils ont de Krsna ne leur sera d'aucun profit. Du fait que ces politiciens, érudits et philosophes veulent utiliser la Bhagavad gita pour régler leurs problèmes d'un point de vue matériel, il ne leur est pas possible de penser constamment à Krsna, ou d'être conscients de Krsna (matir na krsne). Comme l'enseigne la Bhagavad gita : bhaktya mam abhijanati - seul le service de dévotion permet de connaître Krsna tel qu'Il est." (BG 18.55) Les soi-disant politiciens et érudits considèrent Krsna comme un personnage fictif. Le politicien déclare que son Krsna est différent de celui que décrit la Bhagavad gita. Même s'il accepte Krishna ou Râma comme le Suprême, il Leur attribue une existence impersonnelle, car il n'a pas la moindre conception de ce qu'est le service de Krishna. Aussi toute son occupation se résume-t-elle en ces mots: punah punas carvita-carvanânâm - mâcher sans fin ce qui a déjà été mâché. Le but de ces politiciens et de ces érudits profanes est de jouir de l'univers matériel au moyen de leurs sens. C'est pourquoi il est clairement déclaré ici que les griha-vratas, ceux dont le seul but est d'assurer tout le confort possible à leur corps en ce monde, ne peuvent comprendre la Personnalité de Krishna. Les deux expressions grha-vrata et carvita-carvanânâm indiquent que le matérialiste cherche à jouir des plaisirs des sens dans différentes formes de corps, vie après vie, mais demeure insatisfait. Au nom du personnalisme, ou de telle autre doctrine en "isme", ces personnes restent à jamais attachés à un mode de vie matérialiste. Selon la Bhagavad-gita :                

 

bhogaiśvarya-prasaktānāḿ
tayāpahṛta-cetasām
vyavasāyātmikā buddhiḥ
samādhau na vidhīyate  



 

 Trop attaché au plaisir des sens, à la richesse et à la gloire, et égaré par ces désirs, nul ne connaît jamais la ferme volonté de servir le Seigneur Suprême avec amour et dévotion.  
               Bhagavad-gita (2.44)   



Les êtres attachés aux plaisirs matériels ne peuvent se fixer dans le service de dévotion offert au Seigneur. Ils ne peuvent ni percevoir la position de Bhagavân, Krsna, ni comprendre Son enseignement, la Bhagavad gita. Adânta-gobhir visatâm tamisram: la voie qu'ils empruntent les conduit directement vers une existence infernale.


Comme Risabhadeva le confirme:  mahat-sevâm dvâram âhur vimukteh - il faut chercher à connaître Krishna en servant l'un de Ses dévots. Le mot mahat se rapporte en effet à un bhakta.
     
 


mahātmānas tu māḿ pārtha
daivīḿ prakṛtim āśritāḥ
bhajanty ananya-manaso
jñātvā bhūtādim avyayam 


"Ceux qui ignorent l'égarement, ô fils de Pritha, les mahâtmâs, se trouvent sous la protection de la nature divine. Me sachant Dieu, la Personne Suprême, originelle et intarissable, ils s'absorbent dans le service de dévotion." 
             Bhagavad gita (9. 13)

Un mahâtmâ est une personne qui pratique constamment le service de dévotion, vingt-quatre heures par jour. Comme l'expliquent les versets qui suivent, à moins de s'en remettre à une personne aussi noble, nul ne peut connaître Krishna tel qu'Il est. Hiranyakasipu désirait savoir où Prahlâda avait acquis sa conscience de Krishna. Qui l'avait donc instruit? Prahlada lui répondit alors d'une manière sarcastique: "Mon cher père, les hommes comme toi ne peuvent jamais comprendre qui est Krsna. On ne peut Le comprendre qu'en servant une grande âme (mahat). On dit des personnes qui cherchent à améliorer leurs conditions matérielles qu'elles mâchent du déjà mâché. Personne n'a jamais réussi à parfaire sa condition matérielle; pourtant, vie après vie, de générations en générations, les gens s'y appliquent, et ils échouent de façon répétée. A moins d'être convenablement instruit par un mahat - un mahâtmâ, un pur dévot du Seigneur - , il est impossible de comprendre Krishna et Son service de dévotion."
  
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INTRODUCTION A "LUMIERE DES VEDAS"

 - Un enseignement spirituel universel -




   

         Asato mā sad gamaya

         Tamaso mā jyotir gamaya
      Ne reste pas dans l'illusion, va vers la réalité éternelle !
      Ne reste pas dans l'obscurité, va vers la lumière ! 
         
                   Bṛhad-āraṇyaka Upaniṣad (1.3.28) 
 
           


 

Un monde dans l'obscurité

 



Le monde dans lequel nous vivons est plongé dans l'obscurité. Même si la société présente se targue souvent d'être une société de progrés, d'avoir grandement progressée dans les domaines de la technologie, de la science, de la médecine, ..., parallèlement et malgré tout, au sein de la population même, on observe un réel malaise, une véritable insatisfaction.


Grâce aux progrès de la science médicale l'homme a vu son espérance de vie augmenter de façon substantielle. Grâce aussi aux nombreuses découvertes technologiques de ces derniers siècles notre confort matériel s'est indéniablement amélioré. Dans les domaines du travail, du transport, des communications, de l'énergie, des loisirs, etc...des progrès considérables ont été réalisés.


Mais alors pourquoi et curieusement, le bien-être et l'évolution de l'homme, en tant que personne spirituelle, ne semble-t'il pas avoir suivi cette courbe ascendante du progrès matériel ? Pourquoi l'homme n'est-il pas devenu, réellement et au fur et à mesure que le progrès matériel s'intensifiait, plus heureux et épanouis ? Pourquoi ce mal-être, cette insatisfaction, ce mécontentement qui semblent le poursuivre comme une fatalité ?


Les réponses sont certainement multiples mais nombres d'analystes avertis (sociologues, psys, philosophes, religieux...) attribuent ces difficultés principalement au fait que l'homme d'aujourd'hui, de plus en plus, est entouré d'incertitudes. Incertitude face à sa situation personnelle matérielle - amoureuse, familiale, sociale ou professionnelle -, mais incertitude aussi face aux questions existentielles : existe-t'il un véritable sens à la vie? D'où venons-nous? Qui sommes-nous? Pourquoi souffrons-nous ? Pourquoi la maladie, la veillesse ? Tout fini-t'il avec la mort ou continuons-nous d'exister encore ? Et si oui, que se passe-t'il exactement ? Et Dieu, existe-t'Il vraiment ? Ou sommes-nous seuls face à l'immense univers ? Et si Dieu existe, qui est-Il exactement ? Quel est notre relation avec Lui? Etc....


Ce sont autant de questions philosophiques fondamentales, auxquelles l' homme a dû et continue d'être confronté et auxquelles il doit, pour trouver un tant soit peu de sérénité dans sa vie, donner des réponses.


Confronté à ces incertitudes, des maux insidieux rongent l'homme actuel ; un sentiment d'isolement, de profonde solitude et de vacuité de l'existence. Si la science moderne a supplanté l'égémonie religieuse des siècles précédents, elle n'a cependant rien donné en retour qui puisse dissiper ses angoisses et épancher sa quête légitime d'un sens à la vie . Au contraire.


Depuis longtemps déjà les théories scientifiques sont présentées comme vérités établies et sont propagées assidument dans les écoles et les universités. Selon celles-ci la vie est un produit de la matière et résulte de combinaisons chimiques. Elle est un phénomène purement biologique auquel la mort met un terme définitif. L'ancêtre de l'homme est un singe. L'homme lui-même est un enfant du hasard. Dieu est un big bang. L'univers dans quelques milliards d'années sera désintégré et avec lui toute vie disparaitra définitivement ...


Nourri dès l'enfance aux théories de la science matérialiste, comment espérer que l'homme moderne ne soit pas autrement qu'angoissé, miné par un sentiment de solitude et de vacuité de l'existence ? D'autant plus que, pour ne rien arranger, le système économique moderne, axé sur une productivité intense , une concurrence forcenée et un profit maximum, a accentué sa précarité d'emploi et de revenu. Et lorsque, cerise sur le gateau, la société promeut un idéal de vie hédoniste - la recherche forcenée du plaisir des sens (course au plaisir et à la performance sexuelle oblige...) -, quelle chance l'homme actuel a-t'il d'être un homme équilibré et serein ?


L'incertitude entraînant la confusion, l'homme d'aujourd'hui est perdu et ne sait plus vraiment comment conduire sa vie et les sociologues s'accordent aussi pour dire qu'une des grandes lacunes de la société moderne est l' absence de valeurs.


 

La lumière des Vedas

 



Face à la confusion, l'égarement et l'abscence de valeurs qui prédominent dans la société actuelle, l'homme moderne ressent plus que jamais le besoin d'être éclairé et guidé dans sa vie. Afin de palier à cette carence spirituelle de l'homme d'aujourd'hui, l'apport des Vedas, les Ecritures millénaires de l'Inde, est essentiel et inestimable.


Toute la sagesse éternelle de l'Inde se trouve exprimée dans les Vedas, ces anciens textes sanskrits traitant de toutes les branches du savoir. Transmis oralement depuis les origines, les Vedas furent transcrits pour la première fois il y a cinq mille ans, par Srila Vyâsadeva, l'avatâra-écrivain. Les Vedas ne sont pas donc une création humaine mais proviennent de Dieu Lui-même. Les vedas enseigne qu'à l'origine de la création, seul Dieu, Govinda (Krishna) existait. La Bhagavad-gita corrobore ce fait:


ahaḿ sarvasya prabhavo

mattaḥ sarvaḿ pravartate



"De tous les mondes, spirituels et matériels, Je suis la Source, de Moi tout émane  (BG 10.8)



Dieu révéla la connaissance des Vedas à Brahma, le premier être créé, et Brahma, transmit cette connaissance ensuite à son fils Narada qui  la transmit à Srila Vyasadeva, son disciple, et Srila Vyasadeva coucha par écrit toutes les Ecritures védiques .

 

Les Vedas sont les Ecritures révélées les plus anciennes et les plus complètes au monde. Elles contiennent un vaste trésor de savoir qui pendant des millénaires a guidé les hommes et comblé leurs besoins,  matériels certes, mais aussi bien au-delà. En effet, et c'est là l'apport le plus substantiel de la connaissance védique: elle ne limite pas l'homme à la seule sphère corporelle et terrestre mais le révèle aussi à sa véritable identité et à son exceptionnelle destinée - toutes deux purement transcendantes et spirituelles, éternelles , remplies de connaissance et de félicité -, bien au-delà des limites corporelles, psychiques et intellectuelles imposées par son  karma et ses réincarnations successives.


Vedas est un mot sanskrit qui signifie connaissance. Véritable encyclopédie de la connaissance, matérielle et spirituelle, elles contiennent toute la connaissance nécessaire au maintien de l'harmonie du corps et de l'âme. Dans le domaine matériel, on y trouve la connaissance relative à tous les aspects importants de la vie matérielle : la vie politique, sociale, médicale, économique, militaire... Ainsi les Ecritures védiques bien qu'à vocation spirituelle sont aussi extrêmement pragmatiques, tellement, qu'elles contiennent la connaissance détaillée de l'organisation d'une société structurée et épanouie (1) . Cette société, appelée varnasrama-dharma, est absolument unique; tout en comblant les besoins matériels, élémentaires, de l'homme, elle n'omet pas de répondre aux besoins essentiels de sa nature spirituelle, et ainsi de donner à sa vie tout son sens.


Le domaine spirituel, qui constitue l'aboutissement et le couronnement de la connaissance védique, contient des enseignements et des instructions pratiques nécessaires à la réalisation spirituelle, à l'affranchissement du karma et du cycle des morts et des renaissances ( samsara), à la pratique des trois formes de yoga - (astanga-yoga, jñâna-yoga et bhakti-yoga) , au chant et à la pratique de la méditation par mantra (dont le chant du maha-mantra), la connaissance des divers aspects de la Vérité Absolue dont le plus aboutis - celui concernant la Personne de Dieu, Bhagavan Sri Krishna -, le rétablissement de notre relation avec cette Personne Suprême, et le développement de notre amour pour Lui (prema), le perfection ultime de l'existence ( la libération [mukti] et le retour au monde spirituel [vaikuntha] ), etc....


 

La parampara ; la succession disciplique

 le système védique de transmission de la connaissance

 


                              

Cependant, pour que nous en tirions le plein bénéfice, les Ecritures védiques stipulent qu'elles doivent être transmises telles qu'elles sont, purement, sans altérations d'aucune sorte - interprétations purement académiques ou teintées d'impersonnalisme, interprétations motivées par l'intérêt personnel (recherche de profits, de reconnaissance et de notoriété), l'imagination et la spéculation mentale . C'est ce qu'on appelle en langage védique "Le système de la parampara" ou de la transmission inaltérée de la connaissance spirituelle à travers la lignée de maîtres authentiques.


Malheureusement , à travers les siècles et plus spécifiquement au cours de l'air moderne , nombre de philosophes, professeurs, écrivains, swamis impersonnalistes, ont écrit sur les textes védiques (et souvent même ont traduit et commenté ceux-ci) en faisant fi de la parampara, soucieux de mettre en avant leur propre interprétation personnelle. Ils en ont ainsi altérer le sens, fourvoyant la plupart des gens quant à la signification réelle et profonde des Ecritures védiques. Ils ont propagé une conception impersonnaliste et mayavadi de Dieu et de la Vérité Absolue et ont mis l'accent sur des méthodes de réalisation spirituelle apasampradâyas (déviantes), c'est-à-dire diluées, ineffectives, inapropriées ou carrément fourvoyées . Ces méthodes étaient axées principalement sur la pratique d'un yoga mystique dévoyé (le yoga gymnastique), la méditation impersonnelle et la spéculation mentale (2) .


Ainsi, il est impossible de tirer le plein bénéfice de l' étude et de l'application des Ecritures védiques sans l'intermédiaire de maîtres spirituels appartenant à la parampara, de maîtres dont la personne et la vie même incarnent les Ecritures védiques. Ces maîtres dont la vie personnifie les enseignements védiques sont appelés achâryas (ceux qui enseignent par l'exemple; aussi, ceux qui sont exemplaires) (3) et ils sont dotés de toutes les qualités exceptionnelles dont sont parés les grands saints: humilité, modestie, tolérance, pureté, maîtrise de soi, égalité d'esprit, compassion, détermination, dévotion pure et indéfectible envers Dieu, etc.... L'enseignement qu'ils dispensent dans leur bonté infinie, afin d'éclairer les âmes conditionnées de ce monde, n'ont seulement ne diffère pas des vedas mais encore l'éclaire et l'embelli (4) .


Sa Divine Grâce A.C. Bhaktivedanta Swami Prabhupâda (1896- 1977) , l'Achârya-Fondateur du Mouvement International pour la Conscience de Krishna (l' iskcon) est un tel achârya. Connu également sous le nom de Srila Prabhupada, sa personne et sa vie sont uniques. Né en 1896, à Calcutta, d'une famille de purs dévots, Srila Prabhupada est un bhakta d'un trés haut niveau (maha-bhagavata) . Toute sa vie fut imprégnée d'une dévotion exceptionnelle pour Dieu, Sri Krishna. Il dira plus tard " A travers toute ma vie, je ne me rappelle pas d'un seul instant où j'ai oublié Krishna". En 1922, il rencontre son maître spirituel, Srila Bhaktisiddhanta Sarasvati Thakura, le Fondateur-Acharya de la Gaudiya Matha, qui lui demande, dès leur première rencontre, de prêcher la conscience de Dieu, à travers le monde. Dès lors, bien que marié et à charge d'une famille, réaliser l'ordre de son maître spirituel, deviendra pour Prabhupada sa principale préocupation. Il prendra l'initiation 10 ans plus tard en 1932. En 1959, il adoptera l'ordre du renoncement (sannyasa) et en 1965, à l'âge de 69 ans, il embarquera à bord du cargo "Jaladuta" pour New-York, afin d'accomplir la mission de sa vie.


                                            SUITE:  INTRODUCTION




(1)
une connaissance qui ne se contente pas d'être virtuelle ou théorique puisqu'elle a été en vigueur pendant des milliers d'années en Inde et ailleurs, et on en retrouve encore maintenant les vestiges - bien que dégénérés malheureusement avec l'avènement de l'Age de Kali.


(2)
) La pratique du yoga mystique (yoga gymnastique) et de la méditation impersonnelle que la Bhagavad-gita , entre autres Ecritures védiques, considére inappropriées pour l'âge de kali ou même, carrément fourvoyées, en ce qui concerne la pratique de la méditation impersonnelle sur le vide telle que la recommande de nombreux soi-disants gurus aujourd'hui.


(3)
Malheureusement ce terme d'achârya dans l'âge de Kali actuel est souvent galvaudé et ainsi finit par ne désigner qu'un simple leader et précepteur d' ashram ou de temple plutôt qu'un grand maître spirituel tel ceux qui font parti de la succession disciplique.


(4)
A l'exemple d'un tel achârya, pur dévot de Dieu et grand maître spirituel, nous retrouvons dans les Ecritures védiques, Sukadeva Gosvami, le narrateur accompli du Srimad-Bhagavatam dont le nom "śuka" (perroquet) souligne, - à l'exemple du perroquet qui possède l'aptitude de rendre plus sucré encore le fruit dans lequel il a mordu -, la capacité de rendre plus suave encore la naration du Srimad-Bhagavatam.

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